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Economie

comment le gouvernement peut-il «moderniser» les abattoirs ?


La volonté du ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, de «rénover profondément les abattoirs» a bien été entendue. Ce jeudi, lors de la présentation du plan de relance, la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, a annoncé que 250 millions d’euros seraient utilisés pour «moderniser les abattoirs et travailler sur la question du bien-être animal».

Julien Denormandie déclarait la semaine dernière vouloir avant tout «accompagner» la filière de l’abattage. Et le ministre «s’est battu» pour obtenir ces fonds-là. En ce sens, plusieurs priorités ont déjà été dressées : «l’investissement sur la construction de ces abattoirs, la formation du personnel qui y travaille (…) et la transparence» dans la profession. Et ces transformations sont attendues. Régulièrement, les abattoirs sont épinglés pour ce manque de transparence ou par leurs pratiques parfois très controversées. Plusieurs fois, l’association de défense des animaux L214, a publié des images accablantes, qu’il s’agisse d’abattoirs ou parfois d’élevage. La dernière en date, mi-août, avait conduit à la fermeture d’un élevage de canard.

Face à cela, le gouvernement tente donc de prendre ses responsabilités. Il promet de «répondre aux exigences d’hygiène alimentaire», d’une part, en soutenant les investissements et en renforçant le dialogue territorial. Plusieurs leviers seront mis en place dans la modernisation de ces espaces. D’abord, le ministère de l’Agriculture place au premier plan les critères de protection animale. L’objectif : «améliorer les conditions de travail des opérateurs tout en assurant une manipulation respectueuse du bien-être animal». Ensuite, le ministère entend, à travers ces 250 millions d’euros, «moderniser les outils d’abattage et de première transformation», puis «d’améliorer la compétitivité de ces entreprises.»

En outre, ces fonds serviront à mieux accompagner «la prise en charge des animaux de compagnie abandonnés ou en fin de vie», détaille le ministère. Aujourd’hui, le constat dressé par le ministère est clair : la France détient «le triste record du nombre d’abandons d’animaux».

Des promesses assez floues qui restent à détailler, selon l’association L214. «Quelle est l’utilité de ces investissements ? Est-ce qu’on garde tout en place dans nos abattoirs et on rafistole là et là au besoin ?», s’interroge Brigitte Gothière, cofondatrice de l’association. Selon elle, l’important aujourd’hui, c’est de sortir de l’élevage intensif. «C’est ce qu’on demande dans notre référendum d’initiative partagée pour les animaux. La sortie de l’intensif d’ici à 2040, c’est évidemment abordable», insiste-t-elle.

Elle reprend et évoque de nombreuses pistes pour la modernisation de ces établissements. «Modernisation veut dire évolution, alors on commence par se débarrasser des pires pratiques», entame Brigitte Gothière. Elle cite ici l’abattage sans étourdissement ou l’abattage au dioxyde de carbone pour les cochons, notamment. Elle demande ensuite à ce que l’on mette les moyens sur les contrôles. «L’inspection générale des services vétérinaires dit qu’ils ne sont pas assez nombreux» pour surveiller les abattoirs, explique-t-elle. Elle ajoute à la liste la nécessaire formation des personnels et l’évolution des conditions de travail dans ces entreprises.

Enfin, elle rappelle que Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture de François Hollande, avait ordonné une série d’audits sur les abattoirs, qui avait été publiée. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. «La publication de ces rapports me semble indispensable», ajoute-t-elle. Elle préfère cela à la mise en place, souvent évoquée, de caméras de vidéosurveillance dans les abattoirs. «D’accord, mais qui contrôlera ces vidéos?», questionne-t-elle. La mesure permettant l’installation de ces caméras avait été votée en 2017 à l’Assemblée nationale, avant d’être retirée du projet de loi du ministre de l’Agriculture de l’époque, Stéphane Travert.

Toutes ces pistes sont ouvertes et devront être discutées prochainement. Ainsi, pour répartir au mieux ces 250 millions d’euros, une concertation s’ouvrira «dès les prochaines semaines avec l’ensemble des acteurs pour s’adapter au mieux aux besoins», promet-on du côté du ministère.



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