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Finance

Comment les fonds monétaires ont évité la catastrophe



Les fonds monétaires ont évité de peu l’accident industriel mi-mars. Au plus fort de la crise financière, ces maillons essentiels du financement de l’économie se sont retrouvés au bord du précipice, face à la difficulté de céder des actifs pour répondre aux demandes de retraits de leurs investisseurs. Seule l’intervention massive de la Banque centrale européenne (BCE) sur les marchés financiers a permis d’éviter la catastrophe, souligne la dernière revue de stabilité financière de la banque centrale.

Avec plus de 1.200 milliards d’euros d’encours en zone euro à fin décembre 2019, les fonds monétaires (MMF) constituent un rouage essentiel de la gestion financière de court terme. Les entreprises et les fonds d’investissement les utilisent comme substituts à un compte bancaire pour leur trésorerie. En investissant dans de la dette à très court terme, principalement émise par des banques, les fonds monétaires offrent un rendement supérieur à ce que rapporte l’argent placé dans une banque, d’autant plus depuis l’avènement des taux d’intérêt négatifs .

Mouvement de panique

Tout se complique mi-mars avec la chute vertigineuse des marchés et le mouvement de panique des investisseurs. Face à l’ampleur de la crise, les entreprises comme les fonds d’investissement qui font eux-mêmes face à des sorties massives cherchent à retirer leurs fonds. En une semaine, entre le 13 et le 20 mars, les fonds monétaires doivent répondre à des demandes de retraits représentant près de 8 % de l’ensemble de leurs actifs. Les fonds à faible volatilité (LVNAV) ont été particulièrement touchés, les investisseurs craignant qu’ils ne se retrouvent contraints de rompre leur valorisation généralement constante pour traiter avec une décote.

Répondre à des sorties de cette ampleur aurait représenté un défi de taille en temps normal. Au plus fort de la crise, cela s’est révélé un véritable parcours du combattant. Les fonds monétaires ont dû se résoudre à céder des actifs, mais se sont retrouvés confrontés au gel du marché des titres de créances de court terme (Commercial Papers, CP). Certaines banques ont accepté de racheter en avance leurs titres pour fournir de la liquidité aux fonds, parfois avec une décote conséquente, quand d’autres s’y sont refusées.

Ne pas pouvoir répondre aux demandes de retraits des investisseurs aurait contraint les gérants de fonds monétaires à suspendre les rachats. Les conséquences d’une telle décision auraient mis sous pression l’ensemble du système financier, avec des effets de bords potentiels sur les fonds d’investissement classiques.

Intervention de la BCE

Finalement, c’est l’intervention de la Banque centrale européenne à partir du 19 mars et l’annonce de son programme d’achat d’urgence pandémique (PEPP) qui a ramené le calme sur les marchés. Ses achats d’actifs ont soutenu l’ensemble des marchés obligataires et ses mesures sur le collatéral ont encouragé les banques à acquérir de la dette de court terme. Les fonds monétaires ont pu reconstituer leurs coussins de liquidités et les demandes de retraits se sont taries avec le retour de la confiance. Dès le mois d’avril, les fonds monétaires enregistraient même une collecte positive.



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