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Finance

Conforama : BNP Paribas prêt à soutenir un projet industriel



Passe d’armes chez Conforama . Plusieurs des syndicats du numéro 3 du meuble sont montés au créneau pour dénoncer l’attitude de banques, à commencer par BNP Paribas.

Les organisations syndicales (FO, CFE-CGC, CGT) reprochent au groupe bancaire de faire la politique de la chaise vide en pleines négociations avec Bercy pour décrocher un prêt garanti par l’Etat (PGE) et sortir la tête de l’eau. Une demande qui s’élèverait, selon des sources, à 320 millions d’euros, et que les fonds actionnaires de Conforama doivent abonder de 100 millions supplémentaires.

L’absence des représentants de BNP Paribas lors d’une réunion vendredi dernier de la cellule de soutien aux entreprises en difficulté rattachée à Bercy (le CIRI) serait, critique le syndicat Force Ouvrière, « la preuve évidente d’un désengagement qui ne dit pas son nom ». « BNP Paribas bloque complètement le projet de PGE et prend en otages l’entreprise Conforama et tous ses salariés », poursuit l’organisation.

Interrogé, BNP Paribas répond que « si un nouveau projet industriel et commercial, de long terme et mobilisant les actionnaires actuels ou de nouveaux actionnaires, devait se dessiner, BNP Paribas l’examinerait », rappelant que la société est « en restructuration depuis plusieurs années ».

Préserver l’emploi

Cette passe d’armes intervient alors que But vient d’opérer une nouvelle approche sur Conforama, son premier concurrent, selon nos informations. Les actionnaires de But, l’industriel autrichien Lutz et le fonds CD & R (dont BNP Paris avait été l’un des conseils au moment de son entrée dans But) seraient ainsi prêts à apporter 200 à 300 millions d’euros pour assurer les passifs de Conforama auprès des fournisseurs mais aussi le passif social.

« Si nous devons étudier un projet, la priorité serait de préserver l’emploi chez Conforama et But, mais également chez nos fournisseurs français », indique le PDG de But, Alexandre Falck confirmant aux « Echos » ses déclarations au « Parisien ». « Nous n’avons pas eu besoin de demander un PGE pour nous-mêmes pour l’instant », précise le dirigeant.

La direction de Conforama confirme aux « Echos » avoir reçu des lettres d’intention de But. La proposition « n’est pas réaliste et menacerait l’emploi et la filière meuble », considère-t-elle. Point d’achoppement également, But n’entend pas faire d’offre financière pour les titres des actionnaires de Conforama. Reste qu’à ce stade, ces derniers conditionnent leur apport de 100 millions à l’obtention du PGE, et donc à l’accord avec les banques. A défaut, les dirigeants du numéro 3 du meuble déclarent qu’ils seraient obligés de placer la chaîne de magasins en redressement judiciaire.

BNP Paribas n’est pas la seule banque impliquée pointée du doigt. Deux organisations syndicales critiquent aussi le rôle joué par HSBC dans les négociations qui impliqueraient aussi Crédit du Nord et LCL. Aucun des intéressés n’a fait de commentaire.



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