Image default
Finance

Coronavirus : les banques renforcent leurs lignes de défense



Les banques aussi commencent à stocker les produits de première nécessité. Coup sur coup, RBS, Deutsche Bank, puis Bank of Ireland ont émis de la dette pour renforcer leurs bilans et affronter dans les meilleures conditions la pandémie du coronavirus .

Il s’agit là des premières émissions de quasi-fonds propres réalisées par les banques après deux mois de crise. Les investisseurs ont répondu présents: Deutsche Bank est parvenue la semaine dernière à collecter 1,25 milliard d’euros de dette subordonnée (« tier 2 »), pour une demande quasiment deux fois supérieure. Bank of Ireland a levé 675 millions d’euros de dette d’une autre catégorie (« AT1 »).

De quoi parler d’une future « vague » ? « Le mot est sans doute trop fort, mais nous allons voir évidemment de nouvelles émissions », pointe Jérôme Legras, directeur de la recherche chez Axiom AI.

Prudence…et opportunisme

Mieux vaut prévoir en effet. Les bilans des banques vont être davantage sollicités car – en réponse à la crise – les volumes de crédit aux entreprises s’envolent. De plus, à mesure que la crise s’approfondit, les impayés et les provisions devraient s’alourdir.

Les établissements vont aussi agir par opportunisme : de nouvelles règles prudentielles (« CRD 5 ») prévoient que les fonds propres « durs » CET1 présents au bilan puissent être pour partie remplacés par des dettes de qualité moindre. Encore faut-il émettre cette dette…

Au total, qu’il s’agisse d’encaisser la crise du coronavirus ou de profiter de la nouvelle réglementation, les besoins supplémentaires en dette subordonnée pourraient atteindre 20 à 40 milliards d’euros en Europe ces prochains mois, selon les estimations.

Reste la question du timing. « Si le flux d’informations au sujet de la pandémie s’avère positif, entraînant une compression des spreads, soyez prêts à voir de nombreuses émissions de dettes subordonnées bancaires sur les écrans », souligne Natixis dans une note.

« Pas de limitation » 

Autre paramètre : la confiance des investisseurs dans les titres de type « AT1 ». Si une banque est en grande difficulté, elle peut suspendre le paiement des intérêts, voire convertir cette dette en capital. Plus récemment, c’est le superviseur qui a semé le trouble, en exigeant des banques qu’elles suspendent le versement de dividendes . 

L’étape suivante aurait pu être la suspension des coupons d’AT1. Une option réfutée depuis. « Soyons clairs sur ce point : nous ne prévoyons pas de limiter les versements de ces instruments, a récemment indiqué Andrea Enria, le gendarme en chef des banques de la zone euro. De telles restrictions ne seront automatiquement déclenchées que si les banques atteignent certains niveaux planchers de fonds propres prévus par la législation ».



Source link

Autres articles

Pétrole: les Etats-Unis enquêtent sur des délits d’initié

administrateur

La crise du Covid-19 laisse la zone euro à bout de souffle, selon la BCE

administrateur

Philippe Crevel : « Le taux d’épargne restera élevé dans les prochains mois »

administrateur

Plafond à 50 euros: le paiement sans contact explose

administrateur

Ces ETF qui ne connaissent pas la crise

administrateur

Oddo BHF et deux fonds en lice pour le rachat de la banque de détail de HSBC France

administrateur