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Finance

Covid 19 : dividendes et salaires des dirigeants n’ont pas baissé dans les mêmes proportions en Europe



Publié le 10 sept. 2020 à 17:09

La pandémie de coronavirus a eu des effets collatéraux en 2020 pour les dirigeants d’entreprise comme pour les actionnaires. Les appels à la modération pour « participer à l’effort national » se sont multipliés émanant de l’exécutif, des organisations patronales ou des investisseurs, voire des trois. Les rémunérations des patrons ont baissé ; les dividendes, aussi. Mais pas toujours dans les mêmes proportions. 

Moins de dividendes

Selon Georgeson, un cabinet de conseil spécialisé en gouvernance qui vient de publier un bilan sur les assemblées générales 2020, presque partout en Europe, les entreprises ont coupé plus la rémunération des actionnaires que celle des dirigeants.

A titre d’exemple, en Espagne, 51 % des entreprises ont annulé, reporté ou réduit leurs dividendes cette année à cause du covid-19, mais seulement, 29 % ont rogné sur les salaires des dirigeants. En Italie, ces taux montrent des divergences similaires. Ils sont de 44,12 % vs 29,3 %.

En France, l’écart est moindre. 70,27 % des entreprises ont consenti une baisse des dividendes alors que 67,56 % ont baissé les salaires des mandataires sociaux. Au Royaume-Uni, idem. Les taux sont de 50 % vs 45 %. 

Forte pression de l’exécutif

Dans l’Hexagone, la pression a été très forte : le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, a conditionné très vite les aides d’Etat à une baisse des dividendes, et que l’organisation patronale Afep-Medef a demandé aux dirigeants de réduire leur salaire de 25 %. Au Royaume-Uni, aussi, elle est venue surtout des grands investisseurs qui ont appelé publiquement les entreprises à la modération salariale. Le gestionnaire d’actifs Schroders, notamment, a écrit à des entreprises britanniques pour demander aux directeurs généraux de « partager la douleur ».

Dans la banque, la chute des dividendes comme des salaires a été particulièrement prononcée. La Banque centrale européenne (BCE) a recommandé à ses ouailles de suspendre la distribution de dividendes et les rachats d’actions jusqu’en janvier 2021, et de revoir le variable des dirigeants.

En Suisse, la pandémie n’a eu aucun effet sur le salaire des patrons. Aucun groupe n’a revu la rémunération des mandataires sociaux, selon Georgeson. En revanche, 20 % des entreprises ont revu leur politique de dividende, suivant ainsi les recommandations du gendarme boursier (la FINMA) 

Objet de toutes les attentions

Ce sujet des rémunérations, objet de contestation tous les ans par les actionnaires, sera à nouveau scruté de près aux AG 2021. Et ce, plus particulièrement lorsque les investisseurs voteront la rémunération ex post des dirigeants ou quand ils regarderont de près les attributions gratuites d’actions. Ces derniers voudraient par ailleurs que les groupes revoient une partie de leur politique de rémunération en fonction de la gestion de la pandémie. Bouygues, qui a tenu une nouvelle AG, la semaine passée, fait figure de pionnier dans ce sens. Le groupe a modifié sa politique de rémunération pour 2021, en intégrant pour la partie variable des dirigeants des critères liés à la gestion de la covid-19. 



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