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Finance

Covid-19: en deux mois, l’endettement des entreprises a bondi de 90 milliards d’euros



La tendance ne surprend pas, mais les chiffres sont spectaculaires. En mars et avril, selon des données compilées par la Banque de France, les entreprises françaises – mises à l’arrêt sur cette période par les mesures de confinement – ont emprunté, et épargné dans des volumes très impressionnants.

Rien que sur la première quinzaine de mai, les entreprises ont obtenu 32 milliards d’euros de nouveaux crédits, alors qu’habituellement (moyenne mensuelle entre janvier 2017 et février 2020), les flux ne sont en moyenne que de 4,5 milliards d’euros par mois. Les chiffres ont été du même acabit en mars, avec 35,4 milliards de prêts bancaires en mars, puis à nouveau 25 milliards d’euros en avril.

Montants astronomiques

Ces montants astronomiques correspondent en grande partie à des crédits de trésorerie : les prêts viennent en partie de substituer au chiffre d’affaires non réalisé pendant le confinement, afin de payer les salaires, ou les fournisseurs.

Outre les lignes de crédit classiques (déjà mises en place avant la crise), les chiffres sont naturellement dopés par les prêts garantis par l’Etat (PGE) , cette enveloppe de 300 milliards d’euros couverts par une garantie publique, que les banques distribuent à tour de bras depuis sa mise en place le 26 mars dernier.

« A ce jour près de 559.000 PGE ont été demandés pour 105 milliards, dont 85 milliards déjà accordés », pointait jeudi le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau.

Emprunter sur les marchés

A noter que l’effet PGE n’est pas complètement pris en compte dans les statistiques mensuelles de la Banque de France, qui ne comptabilisent que les prêts effectivement décaissés, ce qui n’est pas encore le cas de tous les PGE déjà accordés. Ainsi, l’effet PGE va continuer à s’étaler sur les mois à venir.

Les entreprises sont également parvenues à emprunter sur les marchés pendant la période de confinement. Après un mois de mars en partie fermé, les emprunts obligataires reprennent de plus belle en avril, avec 33 milliards d’euros levés, en majorité sur des échéances supérieures à un an.

Là aussi, le flux est très anormalement élevé, le moyenne historique se situant à 2,9 milliards d’euros empruntés par mois. Au total « l’endettement total des sociétés non-financières a progressé de 58,6 milliards d’euros en avril après une hausse de 32,7 milliards en mars », souligne la Banque de France. Soit un total de 91,3 milliards…

Signe de précaution extrême, les montants épargnés par les entreprises ont progressé peu ou prou dans les mêmes proportions que les emprunts. Au total, sur les deux mois mars-avril, les dépôts ont augmenté de 81,6 milliards d’euros (contre des flux mensuels moyens de 3,4 milliards d’euros ces trois dernières années).

Le mouvement n’a pas ralenti en mai, les entreprises privilégiant en grande majorité les dépôts à vue sur leurs comptes bancaires. Ces dépôts devraient progressivement se dégonfler, à mesure que les acteurs devront honorer leurs charges fixes, leurs loyers ou leurs remboursements de prêts, si des moratoires avaient été obtenus.



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