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Finance

Crédit à la consommation : premiers signaux de fragilité aux Etats-Unis



Les files de voitures d’Américains se rendant dans des banques alimentaires ces dernières semaines en ont été la brutale illustration : les classes moyennes américaines vivent souvent à crédit, multipliant les emprunts pour financer leur voiture ou leur logement, sans avoir beaucoup de liquidités disponibles pour assurer leurs dépenses courantes.

Pour beaucoup de ménages privés d’emplois – près de 39 millions de personnes se sont inscrites au chômage depuis le début de la crise -, le premier réflexe a pu être de négocier des délais de paiements pour rembourser leur emprunt, ou de suspendre des mensualités.

Selon un nouvel indicateur mensuel de TransUnion, une société de données sur le crédit, 3,54 % des prêts automobiles signalaient ainsi une difficulté financière (par exemple un retard de paiement) en avril, soit une hausse de près de trois points en un mois. Un taux qui a même grimpé à 5 % pour les emprunts immobiliers en avril, en hausse de 4,5 points sur un mois.

Encore tôt

« Les Américains sont confrontés à une , mais il est encore trop tôt pour dire quelles seront les conséquences à long terme de cette pandémie sur les marchés du crédit », note toutefois Matt Komos, vice-président de la recherche et du conseil chez TransUnion.

La plupart des ménages souscrivant des prêts ont pu bénéficier de mesures incluses dans le plan de sauvetage de l’économie adopté fin mars : chèque de 1.200 euros par adulte, abondement de 600 dollars par semaine sur les allocations-chômage, subventions pour les entrepreneurs indépendants…

Les prêts étudiants et certains prêts immobiliers peuvent aussi être suspendus pour six mois. Les services fiscaux ont, enfin, différé au 15 juillet le paiement de l’acompte d’impôt sur le revenu payable en avril. Les ménages ont par ailleurs coupé dans leurs dépenses au début de la crise, faisant bondir les encours sur les comptes bancaires.

Tous ces facteurs « ont permis d’améliorer la trésorerie de certains consommateurs à court terme, mais un élément essentiel pour l’avenir du crédit à la consommation est une meilleure compréhension de la manière dont les prêts qui ont été reportés seront remboursés », note Matt Komos.

Le marché des cartes de crédit était encore très dynamique ces derniers mois. Au premier trimestre, il y avait aux Etats-Unis près de 460 millions de cartes de crédit (détenues par 185 millions de porteurs), les émissions de nouvelles cartes ayant un record au dernier trimestre 2019, en croissance de 15 % sur un an.



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