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Finance

Crédit immobilier : les emprunteurs rarement protégés contre la perte d’emploi



Publié le 15 nov. 2020 à 11:36

A l’heure où la crise fait redouter une envolée du chômage, les Français s’étant endettés pour financer leur logement sont très peu nombreux à pouvoir compter sur leur assurance-emprunteur en cas de perte d’emploi.

Exigée par les banques, l’assurance-emprunteur permet la prise en charge de tout ou partie d’un crédit immobilier pour protéger les emprunteurs – comme les prêteurs – face à des événements compromettant le remboursement du crédit. Elle intervient par exemple en cas de décès de l’emprunteur ou si celui-ci devient invalide. Sur le papier, cette assurance, qui fait l’objet d’une âpre bataille commerciale entre les banques dominantes sur ce marché et les assureurs désireux d’y percer, peut aussi protéger contre la perte d’emploi.

Pourtant, la garantie couvrant « la perte d’emploi, ou perte involontaire d’emploi, suite à licenciement et dans certains cas rupture conventionnelle » est « très rarement souscrite et ne représente qu’un peu moins de 2 % des primes » en 2019, contre 72 % pour la « garantie décès » et 26 % pour la garantie « arrêt de travail ou incapacité-invalidité »,note un rapport publié le 11 novembre par le Comité Consultatif du Secteur Financier (CCSF) , une instance rassemblant des représentants du secteur financier et des consommateurs.

« A côté de la plaque »

« Le modèle de cette garantie perte d’emploi est carrément à côté de la plaque », assure Astrid Cousin, porte-parole de Magnolia, un courtier spécialisé dans l’assurance emprunteur. « C’est extrêmement cher alors qu’il y a des délais de carence et franchise (NDLR : à l’issue desquels la garantie s’active) qui sont énormes », détaille-t-elle, notant que la crise devrait encore renforcer la prudence des banquiers et assureurs.

Qui plus est, toutes les situations conduisant au chômage ne sont pas couvertes. « En général, tout ce qui est rupture conventionnelle n’est pas pris en compte. Et les démissions, même légitimes, par exemple pour rapprochement de conjoint, sont rarement couvertes », explique Emilie Ruben, porte-parole de Securimut, une filiale de l’assureur mutualiste Macif, spécialisée dans l’assurance-emprunteur.

Le chômage au coeur des impayés

A défaut de pouvoir faire jouer leur assurance-emprunteur, les chômeurs risquent de peiner à payer. « Le chômage est l’une des principales causes d’impayés dans l’assurance emprunteur », reconnaît Emilie Ruben, chez Securimut, où l’on propose d’ailleurs des services d’aide retour à l’emploi associés à l’assurance. Le report d’échéances est possible pour les mensualités de crédit mais l’assurance doit en principe toujours être payée.

Pour l’heure, ni la crise économique, ni la crise sanitaire ne provoquent de bond des sinistres sur le marché de l’assurance emprunteur, selon plusieurs assureurs. Les aides mises en place par le gouvernement (chômage partiel, fonds de solidarité etc.) ont pu amortir les difficultés financières des ménages. Quant aux personnes décédées du covid-19, étant souvent âgées, elles sont susceptibles d’avoir remboursé leur prêt.



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