Image default
Finance

Crédit immobilier : les taux d’emprunt poursuivent leur chute historique


Publié le 20 juil. 2021 à 13:38

Jusqu’où iront les banques ? Le coût des prêts à l’habitat a atteint un nouveau plancher historique au deuxième trimestre, à 1,06 % en moyenne, hors assurance et garanties. Du jamais vu en vingt ans, selon le dernier baromètre Crédit Logement/CSA. Les premiers chiffres de juillet indiquent même un nouveau recul à 105 % en moyenne.

Cette tendance vaut aussi bien dans l’ancien que dans le neuf, et quelles que soient les durées d’emprunt. 

Depuis le début de l’année (à fin juin), les taux ont ainsi reculé de 11 points de base (0,11 %) pour les prêts de 15 à 20 ans, et même de 17 points de base (0,17 %) pour les prêts à 25 ans.

Tous les emprunteurs, aux revenus élevés comme plus réduits, ont profité de ces concessions financières. Ainsi les ménages disposant de revenus inférieurs à trois SMIC ont eux aussi obtenu 9 points de base de baisse depuis la fin de l’année 2020 (soit un taux moyen de 1,11 %).

Parmi les records observés ces dernières semaines, des candidats à la propriété sont même parvenus à décrocher des taux de 0,78 % sur des durées longues (20 ans), voire 0,64 % sur 15 ans, un taux inférieur au rythme de l’inflation en juin ! 

Des prêts toujours plus longs

Ces tarifs avantageux s’amplifient après une année de crise sanitaire, marquée par une chute de 10 % de la production de crédit, l’année 2020 s’achevant vers les 170 milliards d’euros.

Par comparaison au deuxième trimestre 2020, marqué par le premier confinement, Crédit Logement CSA note logiquement une progression de 46,5 % de l’octroi de nouveaux prêts. Mais cela ne suffira pas à faire mieux que sur l’ensemble de l’année 2020, en raison d’un début d’année poussif. « Nous sommes sur un rythme de 165 milliards d’euros octroyés sur un an, les perspectives sont meilleures que celles d’avril », a commenté Michel Mouillart, responsable de l’observatoire.

En plus des taux, les banques se sont faites plus accommodantes sur la durée des crédits. En juin, celle-ci s’est élevée à 237 mois, « un niveau qui n’a encore jamais été aussi élevé », souligne l’observatoire. Cela représente un accroissement de huit mois depuis décembre dernier. 

Ce sont les emprunteurs aux revenus les moins élevés (moins de trois SMIC) qui ont bénéficié des allongements les plus étendus (dix mois de plus depuis décembre pour une durée totale de 242 mois). « L’allongement de la durée des prêts a permis de maintenir dans le marché des emprunteurs qui en seraient sortis », a souligné Michel Mouillart.

Les taux moyens des prêts immobiliers ont franchi un nouveau palier historique à la baisse, à 1,06 %, selon Crédit Logement.

Les taux moyens des prêts immobiliers ont franchi un nouveau palier historique à la baisse, à 1,06 %, selon Crédit Logement.

Cependant parmi les prêts octroyés aux accédants à la propriété, la part des nouveaux crédits à plus de 25 ans atteint désormais un de ses niveaux les plus faibles (0,2 %) depuis plus de quinze ans. 

Les banques se font aussi plus exigeantes sur le niveau d’apport personnel, en recul depuis plusieurs années. Celui-ci s’est accru de 12,6 % sur le seul premier semestre, après +10,7 % l’an dernier. « C’est une progression considérable », a réagi Michel Mouillart. En cause, selon Crédit Logement, les recommandations du Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) . 

Effet récessif à venir

En règle générale, la part maximale des revenus dédiée au remboursement mensuel (le taux d’effort) ne peut plus dépasser 35 %. Ce qui suppose plus d’apport. Et les durées sont plafonnées à 25 ans, ou à peine plus en tenant compte des différés de remboursement.

 « Si un assouplissement sur le taux d’effort a été annoncé en fin d’année dernière, il reste très relatif, voir il s’avère nul dans certains cas, car les banques doivent désormais inclure dans ce taux d’effort le coût de l’assurance emprunteur, ce qui peut représenter un tiers du coût global et donc grever l’endettement », souligne Maël Bernier, porte-parole de Meilleurtaux.

Selon le courtier surtout, « l’effet récessif produit par les règles du HCSF est devant nous ». Les recommandations du Haut Comité deviendront en effet juridiquement contraignantes cet été, a annoncé Bruno Lemaire.

Jusqu’ici, il était simplement recommandé aux banques de ne pas déroger aux règles imposées au-delà de plus de 20 % de leurs dossiers. Et « les plus grandes banques n’ont que très peu appliqué les consignes car elles les trouvaient « absurdes », affirme Maël Bernier. Mais comme l’ACPR renforce sa pression et va désormais les contrôler, elles nous confirment donc qu’elles n’auront plus le choix ».

L’année 2021 sera donc marquée par un recul de la production, bien que moins accentuée que l’an dernier, selon Crédit Logement. « Ce ne devrait pas être l’année de la reprise du marché des crédits immobiliers aux particuliers », estime l’organisme.

Le taux moyen des nouveaux crédits s’est donc stabilisé à un niveau particulièrement bas, jamais observé 



Source link

Autres articles

Les rémunérations des patrons au coeur des prochaines assemblées générales

administrateur

M & A : Bercy vigilant face au risque de « prédation »

administrateur

Les investisseurs de plus en plus exigeants sur les données ESG

administrateur

La deuxième vague de Covid-19 menace la reprise des métaux industriels

administrateur

Unibail : l’offensive de Niel et Bressler dans la roue des vendeurs à découvert

administrateur

La plateforme de trading de cryptomonnaies Coinbase à l’épreuve de la réalité

administrateur