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Finance

Crise du Covid : les entreprises peuvent compter sur un trésor de guerre à 5.200 milliards de dollars



Publié le 21 juil. 2021 à 13:10

C’est un record historique. La trésorerie disponible des entreprises dans le monde a atteint 5.200 milliards de dollars à fin 2020, en hausse de 1.100 milliards par rapport à 2019, selon une étude récente de Janus Henderson. Un chiffre plutôt rassurant alors que les formes nouvelles du Covid, et particulièrement le variant Delta, font planer une ombre grandissante sur la reprise de l’économie mondiale.

Si un nouveau ralentissement devait survenir, les sociétés seraient donc mieux préparées qu’en février 2020. Elles ont en effet emprunté à tour de bras l’an dernier, pour faire face aux incertitudes provoquées par la pandémie.

« Les marchés obligataires ont d’abord été effrayés par l’ampleur de la crise mais, à mesure que les banques centrales sont intervenues, les liquidités se sont améliorées et les taux d’intérêt ont fortement baissé. Les sociétés ont alors instantanément profité de la situation pour émettre des obligations afin de renforcer leur trésorerie au cas où cela devienne impossible par la suite », décrit Janus Henderson.

Sauvegarde du bilan

Leur endettement brut a donc atteint le montant, là aussi record, de 13.500 milliards de dollars. Dans le même temps, elles ont drastiquement réduit leurs dépenses en stoppant net les investissements mais aussi la rémunération de leurs actionnaires .

Conséquence, leur dette nette n’a presque pas bougé pendant la crise, selon Janus Henderson. Cette dette nette est calculée en retranchant de la dette brute les montants de trésorerie disponible. « Plutôt que de dépenser les sommes nouvellement empruntées, les entreprises ont préféré renforcer leur bilan », note Janus Henderson. Et elles n’ont pas eu encore beaucoup d’occasions d’utiliser leurs fonds depuis le début de l’année.

EDF affiche la plus grosse trésorerie en France

De façon plus précise, dans la région Europe, Moyen-Orient et Afrique (EMEA), les entreprises ont accumulé 1.300 milliards d’euros de liquidités en 2020, selon l’agence de notation Moody’s.

Une grande partie de ces réserves est détenue par 25 grandes sociétés qui ont amassé 491 milliards d’euros de cash, soit 37 % du total. Ce sont principalement les acteurs du secteur de l’énergie et des services publics. En haut de la liste, Saudi Aramco affiche une trésorerie de 47 milliards d’euros, même si elle a dû puiser dans ses réserves face à la baisse de la production et à la chute des cours de l’or noir.

Premier groupe français du classement, EDF figure en troisième position avec près de 30 milliards d’euros. Une place que Stellantis lui aurait ravie si la fusion entre Fiat et PSA avait eu lieu avant la fin décembre. Le nouvel ensemble dispose d’une trésorerie pro-forma de 40 milliards. Airbus a pour sa part vu sa trésorerie progresser de 4 milliards d’euros, pour atteindre 16 milliards.

Incertitudes

Signe supplémentaire que les entreprises estiment disposer de trésorerie suffisante, leur endettement total n’a progressé que de 1 % au premier semestre, selon Janus Henderson. Reste à savoir ce qu’elles vont faire de ce « trésor de guerre ». Tout va dépendre de l’évolution de la pandémie.

Avant que le variant Delta ne sème le trouble sur les marchés , l’une des options privilégiées par les entreprises était de rembourser une partie de leur dette, ce coussin de sécurité ne semblant plus nécessaire. Janus Henderson envisageait aussi « un essor des investissements après le gel de l’an dernier, des rachats d’actions et une hausse des dividendes. » Si les conditions se révèlent favorables, les dépenses des entreprises pourraient alors atteindre entre 500 et 600 milliards de dollars d’ici à la fin de l’année.



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