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Finance

Cryptomonnaies : le bitcoin en route vers de nouveaux records ?



Publié le 16 nov. 2020 à 15:01

Depuis quelques jours, PayPal autorise à tous ses utilisateurs américains d’acheter, vendre et stocker certaines cryptomonnaies tel que le bitcoin et l’ether sur leur portefeuille. Dès début 2021, ce service doit être étendu aux 345 millions d’utilisateurs de PayPal dans le monde, et permettre en un clic de payer en cryptos dans les 26 millions de marchands du réseau.

Une annonce qui a fait bondir la valeur du bitcoin, dans le sillage d’une année 2020 sur les chapeaux de roues. Le plus célèbre des actifs numériques s’échange le 16 novembre au-dessus des 16.000 dollars l’unité, en hausse de plus de 120 % depuis le 1er janvier. Le bitcoin s’approche ainsi des niveaux records qu’il avait atteints avant l’effondrement de son cours en janvier 2018.

Valeur refuge ?

Après l’annonce de PayPal , les analystes de la plus grande banque d’investissement au monde, JPMorgan, comparent très sérieusement le bitcoin à l’or. « Le bitcoin pourrait faire concurrence à l’or comme monnaie alternative dans les prochaines années, à mesure qu’une nouvelle génération d’investisseurs prend une part toujours plus importante sur le marché », estiment-ils dans une note. En 2017, le PDG de JPMorgan, Jamie Dimon qualifiait pourtant encore la cryptomonnaie « d’escroquerie ». Une position encore partagée par une partie de la finance traditionnelle.

Prisé par les fonds indiciels

Dans la comparaison avec l’or, c’est le potentiel de valeur refuge qui attise les spéculations sur l’avenir du bitcoin. Les investisseurs se tournent traditionnellement vers des actifs anti-crise comme l’or pour protéger leur portefeuille. Et le succès du bitcoin sur le front des ETFs , les fameux « trackers » ou fonds indiciels, aux Etats-Unis, qui a surpassé ceux adossés au métal jaune en octobre, pousse notamment JP Morgan a estimé que « certains investisseurs comme les gestionnaires de très grande fortune, qui plaçaient auparavant leur fonds dans des ETFs, pourraient être en train de se tourner vers le bitcoin comme alternative à l’or ».

Lente institutionnalisation

Si la légitimité du bitcoin est toujours niée par de nombreux acteurs financiers , ce changement de position est révélateur de la percée des cryptomonnaies dans les portefeuilles des institutionnels. La multiplication des autorisations des autorités américaines à des plateformes notamment pilotées par l’International Continent Exchance (ICE), la maison mère du New York Stock Exchange (NYSE) ou encore soutenue par le Nasdaq pour lancer des produits dérivés dédiés au bitcoin, crédibilise petit à petit son usage dans l’ordre financier international.

Alternative à la planche à billets

Non régulé par une banque centrale et émis par un réseau non centralisé, le bitcoin pourrait également se poser en alternative aux monnaies traditionnelles. Des monnaies traditionnelles mises en difficulté par les milliers de milliards de liquidités déversées dans le monde pour stimuler l’économie face à la crise sanitaire. Alors que le nombre de bitcoin en circulation ne pourra jamais dépasser 21 millions d’unités.

Une rareté organisée qui permet de le rapprocher encore du métal jaune plutôt que du dollar ou l’euro pour les partisans de « l’or numérique ». Le recours des cryptomonnaies observées dans les pays où l’inflation a galopé comme en Iran, au Venezuela, en Turquie ou au Nigéria participe de cette vision optimiste à l’égard du bitcoin.

Volatilité

Mais ces vents favorables ne sauraient chasser les doutes qui pèsent sur la crédibilité de la cryptomonnaie. Le bitcoin s’est montré très vulnérable face à l’effondrement des marchés financiers lors de la contamination de l’économie mondiale par le Covid-19.

Au plus fort de la tempête boursière, sa valeur a plongé de près de 40 % en quelques jours, tombant sous les 5.000 dollars. L’or physique a concédé seulement un peu plus de 10 % sur la même période.

Une volatilité qui fait douter du bitcoin un autre géant du paiement : Mastercard . Ajay Banga, le PDG du mastodonte américain des services bancaires, a estimé récemment qu’il n’est pas un « instrument idéal d’inclusion financière » en raison de cette « forte volatilité ». Mais pour Mastercard, qui a l’ambition de bancariser 1 milliard de personnes dans le monde, l’intérêt pour cette technologie reste néanmoins très fort.

Monnaie numérique des banques centrales

Selon Ajay Banga, seules les monnaies numériques pilotées par des banques centrales peuvent être utiles au système financier international. Un pari que de nombreux gouvernements ont lancé, à l’image de la Chine et du Japon ou de l’initiative de la Banque des règlements internationaux qui a formé un groupe de recherche avec notamment la Banque centrale européenne .

De quoi relativiser le potentiel du bitcoin, au moins à court terme. Le retour de la cryptomonnaie vers de nouveaux sommets, à près de 16.000 dollars, invite donc à la prudence et souligne sa forte volatilité. Pour rappel, le bitcoin a déjà vécu l’éclatement d’une bulle spéculative début 2018 qui a éjecté de nombreux acteurs traditionnels du secteur et nourrit la défiance envers « l’or numérique ».



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