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Economie

Danone franchit un cap sur les bouteilles recyclées


Secoué pendant la crise sur son pôle Eaux (Volvic, Evian, Badoit…) qui pèse pour 16% de son activité mondiale, Danone ne veut pas pour autant prendre de retard sur une de ses réponses majeures pour lutter contre le «plastic bashing» : accélérer la recyclabilité de ses bouteilles.

Ce mois-ci, toutes ses bouteilles d’Evian et de Volvic en petits formats (40, 50 et 75 centilitres), en grandes surfaces comme dans les cafés et restaurants, seront ainsi désormais fabriquées à 100% à partir de plastique recyclé (rPET). Un travail de longue haleine pour trouver les solutions techniques adaptées, et surtout un surcoût de 30% pour cette matière très prisée des embouteilleurs.

L’emballage, un sujet devenu stratégique

«D’ici à 2025, tous les formats et marques de notre portefeuille seront concernés, et nous n’utiliserons plus de plastique vierge pour nos bouteilles», détaille Antoine Portmann, directeur général de Danone Eaux France qui détient également des marques comme Badoit ou Salvetat. Avec ce premier pas qui touche 40% de son chiffre d’affaires en France, Danone veut montrer qu’il accélère sur ce sujet désormais stratégique de l’emballage, tant la défiance du grand public envers le plastique à usage unique a pris de l’ampleur depuis deux ans.

D’ici 2025, nous n’utiliserons plus de plastique vierge pour nos eaux en bouteilles

Antoine Portmann, DG France de Danone Eaux.

Face à cette lame de fond du «plastic bashing», certains de ses concurrents comme Nestlé (Perrier, Vittel, Contrex…) ont fait des choix drastiques. En cédant cette année de nombreuses marques (dont Nestlé Pure Life) au Canada ou Chine et bientôt aux États-Unis. Danone, avec ses marques premium, affiche résolument son choix de rester sur un marché qu’il estime toujours stratégique. Et ce même si le chiffre d’affaires global des eaux en bouteille a encore cédé 1% en France sur les huit premiers mois de l’année.

Pour lutter contre la défiance vis-à-vis du plastique, et au-delà du recyclage, le groupe travaille sur de multiples solutions (bonbonnes, canettes, verre, fontaines…) pour mieux coller aux nouvelles exigences des consommateurs. Mais pour beaucoup, elles sont encore au stade expérimental. Au-delà des efforts sur ses emballages, le groupe veut donc aussi redonner à ses clients l’envie de payer pour de l’eau qu’ils peuvent trouver au robinet. «N’oublions pas que nous ne vendons pas du plastique mais bien de l’eau » rappelait ainsi la directrice financière de Danone, Cécile Cabanis, il y a quelques mois.

Eaux minérales plus valorisées

« Sur ce sujet, est important de redonner de la valeur à ce qu’il y a dans la bouteille, ajoute Antoine Portmann. De redire d’où viennent Evian et Volvic, à savoir des glaciers des Alpes et des volcans d’Auvergne. Et qu’en tant qu’eaux minérales naturelles jamais touchées par l’homme, elles sont bénéfiques pour la santé. Non toutes les eaux ne se valent pas.» Le groupe lance en ce moment une nouvelle campagne d’affichage et télévisuelle sur ses deux marques phares.

Avec ce repositionnement, Danone espère aussi repartir de l’avant face à ses concurrents. Obligé de réduire ses gammes pendant le confinement pour arriver à répondre à la forte demande en magasin, il a cédé 1% de part de marché à ses deux grands concurrents Nestlé, et Cristalline.



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