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Economie

dans les salles de sport, «on est prêt» pour la reprise


REPORTAGE – À Paris, la salle Keep Cool de Bastille attend de pied ferme les clients, dès mercredi matin.

Demain, le concert des grognements, des cris d’effort et la valse des gouttes de sueur vont pouvoir reprendre dans les centres de fitness. En attendant, la grande salle de Keep Cool, à Bastille, reste silencieuse et étrangement calme. Seuls une poignée de coachs s’y affairent, ce mardi, préparant la reprise, répondant aux appels de clients. Après plus de huit mois de fermeture, les salles de sport vont enfin pouvoir à nouveau accueillir des usagers, à partir de mercredi. Un retour à la normale – ou presque – attendu comme le messie par la profession.

Il faut dire que les professionnels ont enchaîné les déconvenues, se battant initialement pour une reprise rapide, après leur fermeture, fin septembre 2020. Puis le combat a évolué, se souvient Damien Frébourg, le manager de zone Paris de Keep Cool : «ensuite, on s’est plutôt battus pour avoir des aides significatives», afin de tenir malgré la tempête. L’ouragan, même : en moyenne, les salles ont perdu 30% de leurs adhérents, depuis le début de la crise sanitaire. «Sans les aides, je ne suis pas sûr qu’on aurait tenu», souffle le responsable, qui souligne les loyers écrasants – entre 8000 et plus de 15.000 euros – que doivent payer les salles à Paris.

Soulagement pour la profession : rouvrir au mois de juin est une bonne chose, une partie des pratiquants souhaitant reprendre le sport en vue de la saison des maillots de bain. «D’habitude, juin est pas mal, puis juillet et août sont plus faibles», explique Damien Frébourg. L’expérience du premier confinement, en 2020, a montré que les férus de sport étaient au rendez-vous dès la reprise : «à Paris, ça avait été un carton», sourit notre interlocuteur. Un carton interrompu trop vite par la dégradation de la situation sanitaire, en septembre : «on a encore un goût d’inachevé, on avait dû fermer alors que septembre pèse 20% de notre chiffre d’affaires», soupire le responsable.

Un protocole sanitaire similaire à celui de l’an dernier

Pour la reprise, les équipes de Keep Cool sont sorties du chômage partiel «le 1er juin», indique Damien Frébourg : elles ont eu quelques jours pour se remettre doucement au travail et s’assurer que les salles étaient prêtes. «Pour certains, la reprise va être plus difficile que pour d’autres», reconnaît le manager, qui assure cependant que tous les collaborateurs attendent le retour des clients avec impatience. Pendant la fermeture, «la situation a été compliquée pour tout le monde», mais le lien avec les équipes a été maintenu, malgré la distance. «Tout le monde est content et motivé. On reste des hommes et des femmes de terrain», dans un métier de contact, rappelle le manager.

Cette fois-ci, la reprise est plus simple à planifier que lors de la sortie du premier confinement, il y a un an. «Par rapport au protocole de juin dernier, il n’y a presque pas de nouveauté, donc la réouverture est assez facile. À l’époque, ça avait été beaucoup plus fastidieux», note Damien, dont les équipes sont rodées. «On est prêt», commente-t-il.

L’abonné qui viendra en salle devra donc commencer par badger, puis il devra flasher un QR code, deux éléments utiles pour le traçage des cas contact. Les horaires d’accès ont aussi été restreints pour assurer un encadrement des équipes de Keep Cool, une jauge de fréquentation a été établie à 50% de la normale, en parallèle d’une règle «d’un adhérent pour 4m2». Dans cette salle de 800m², cela équivaut à environ 100 personnes simultanément, un chiffre que l’équipe juge satisfaisant : «c’est quand même rare qu’on soit plus de 100 sur place».

Du gel est disponible à travers la salle et chaque abonné doit se promener avec son «spray virucide individuel» fourni à l’entrée du club : il est alors responsable du nettoyage de chaque surface ou machine qu’il touchera, y compris dans les vestiaires individuels. La configuration de la salle a aussi été revue, à certains endroits, pour écarter les machines les unes des autres ; et, dans les cas où une distance d’au moins 1m n’a pu être établie entre les dispositifs, une machine sur deux sera inutilisable. «Les plaques de plexiglas, ça coûte cher, pour un club parisien», souligne Damien Frébourg.

Une machine condamnée, dans la salle de la rue du Petit Musc, à Paris. WGB/Le Figaro

Le masque sportif sera proposé à la vente à l’entrée, mais pas obligatoire pendant la pratique. Un point sur lequel la profession s’est longuement battue ces dernières semaines. Certains éléments normalement proposés aux pratiquants – comme les élastiques, trop difficiles à désinfecter – ont été retirés. Dans l’ensemble, peu d’éléments neufs par rapport à juin 2020, donc, mais de quoi rassurer les abonnés et permettre une pratique dans de bonnes conditions, assure le responsable.

«On reste confiants : les gens vont avoir besoin de faire du sport, de se décoincer. On est positifs !», assure Damien Frébourg WGB/Le Figaro

Optimisme pour l’avenir

La salle de 800m² n’a pas été totalement inoccupée, malgré la fermeture : Keep Cool s’est adapté et proposait notamment des cours à distance et le «training Keep Cool», un programme incluant des conseils sportifs, nutritionnels et humains aux adhérents. L’épidémie «nous a poussés à aller plus vite que prévu sur le sport 360», plus flexible, en proposant des séances à la maison, des vidéos sur les réseaux sociaux et YouTube, notamment. Un aspect complémentaire à la pratique en salle, qui peut permettre d’attirer une nouvelle clientèle, plutôt réticente à l’idée de venir sur place mais désireuse de «réintégrer le sport dans son quotidien».

Les clients sont donc attendus de pied ferme, dès mercredi matin. Le secteur espère pouvoir enfin reprendre son souffle, après des mois en apnée. «Le pire, c’était de ne pas savoir quand on pourrait rouvrir. L’incertitude, c’est le pire à gérer», grince le responsable, qui souligne aussi le «manque de reconnaissance» dont a pâti le fitness durant la crise. On murmure qu’une figure politique de premier plan devrait faire le déplacement dans l’une des huit salles parisiennes de Keep Cool, mercredi, pour saluer la reprise. «On reste confiant : les gens vont avoir besoin de faire du sport, de se décoincer. On est positif !», conclut le manager.

Les pratiquants seront-ils au rendez-vous ? Chez Keep Cool, on espère retrouver le niveau d’abonnés de fin 2020 d’ici la fin de l’année. Un objectif ambitieux, qui dépendra de l’appétence des clients. Point positif : certains semblent impatients de revenir. Pendant notre entretien avec Damien Frébourg, Jack Lang l’interpelle depuis la rue. «Alors, vous rouvrez demain ?», lance l’ancien ministre, tout sourire.



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