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Economie

Début 2021, des signaux préoccupants sur le front des défaillances d’entreprise


Si la baisse du nombre de défaillances se poursuit, au premier trimestre, d’autres indicateurs sont plus inquiétants, selon Altares.

L’anesthésie engendrée par la perfusion des aides publiques va-t-elle bientôt prendre fin ? Dans son rapport trimestriel sur les défaillances d’entreprises publié ce mercredi, le cabinet Altares présente un bilan contrasté de la situation, comprenant plusieurs points préoccupants.

D’abord, les défaillances restent bien moins nombreuses que la normale, grâce aux aides de l’État. Au premier trimestre, 7406 procédures collectives ont été enregistrées, un chiffre en recul de 32,1% par rapport à la même période l’année dernière. Le niveau «reste exceptionnellement bas», note le cabinet. À titre de comparaison, 16.037 défaillances avaient été relevées au premier trimestre 2017, et 14.146 sur les trois premiers mois de 2019.

Le recul est marqué dans plusieurs secteurs, dont le bâtiment, le commerce, les services aux entreprises, les transports et la restauration. Il est aussi notable dans toutes les régions, et plus particulièrement en Corse et en Bourgogne Franche-Comté, où il dépasse les 50%.

«Toujours sous perfusion publique, les entreprises tiennent», résume le cabinet. Le directeur des études d’Altares, Thierry Millon, y voit la preuve que «la stratégie de soutien à l’économie réelle déployée par l’État s’est avérée efficace, au regard du faible niveau des défaillances d’entreprises enregistrées».

Dans une étude publiée mercredi et portant sur mars, la Banque de France constate elle aussi une baisse du nombre de défaillances d’entreprises. «Cette baisse n’indique pas une réduction du nombre d’entreprises en difficulté», nuance-t-elle : depuis fin octobre et le second confinement, le «relativement faible nombre de défaillances tient aux mesures gouvernementales de soutien aux entreprises en difficulté», rappelle l’institution, sans surprise.

Plusieurs points préoccupants

Néanmoins, selon Altares, ce premier constat positif ne doit pas cacher des éléments alarmants. D’abord, s’il est vrai que le nombre de défaillances reste limité, celles-ci s’accélèrent et se multiplient, mars représentant un «véritable point d’inflexion» : «sur les deux premières semaines de mars, les défaillances d’entreprises sont en très fort recul (-48 %), mais sur les deux suivantes elles explosent de 155 % comparées à la même période de 2020», lorsque l’activité normale avait été limitée par le premier confinement. La baisse mensuelle atteint donc -35% en janvier, -45% en février et -13% en mars.

En outre, «le taux des liquidations directes s’accélère en ce début d’année», relève l’étude : désormais, près de 80% des jugements mènent à la liquidation de l’entreprise, «un niveau jamais vu depuis vingt ans» selon Altares. Les entreprises en difficulté ont donc bien moins de chances de s’en sortir. Les TPE de moins de trois salariés sont particulièrement touchées, concentrant «les trois quarts des procédures». 80% d’entre elles sont immédiatement placées en liquidation judiciaire, contre 77% de celles de 3 à 5 salariés ouvrant une procédure.

Certaines activités font aussi l’objet de tensions supplémentaires et voient une hausse du nombre de procédures. C’est notamment le cas de l’immobilier, de l’optique, de la pharmacie, du conseil en relations publiques et communication et de la pêche en mer. Côté territoires, en Guyane et en Guadeloupe, le nombre de procédures a également augmenté, à rebours des autres régions.

Un défi pour le second semestre

La question des semaines et mois à venir est donc essentielle : c’est là, durant la reprise, que la survie ou non d’entreprises en difficulté va se jouer, avertit le cabinet. Le cas des activités ayant contracté des prêts et des PGE devra être scruté avec attention, de même que celui des «zombies, ces structures qui survivent grâce au soutien de l’État et à des taux d’intérêt bas» : Altares en dénombre 63.000 en France, qui risquent de disparaître lorsque le robinet d’aides sera coupé.

Une bonne maîtrise du dossier dans son ensemble sera de mise, pour éviter les effets dominos, menant à des faillites en cascade, soutient le document. Cité par Les Échos, Altares prévoit, en 2021, «entre 40.000 et 45.000 défaillances», soit toujours moins que les 52.000 annuels avant la crise, en 2019.

De son côté, l’exécutif assure que l’aide aux entreprises en difficulté sera maintenue aussi longtemps que la crise sanitaire durera, avant un débranchement progressif, à mesure que l’activité reprendra. En outre, Bercy a déjà ouvert la porte à un soutien sur le plus long terme pour certains secteurs, comme l’aéronautique, qui mettront plus de temps à revenir à la normale.



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