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Economie

décarbonation, modernisation, relocalisation… Comment l’État veut soutenir son industrie


Sur les 35 milliards dédiés à la relance industrielle, 1,6 milliard ont d’ores et déjà été engagés par la France sous la forme d’appels à projet destiné à épauler les entreprises dans leurs investissements.

«C’est un coup d’accélérateur», se réjouit Jérôme Rethore. La société Guédant, spécialisée dans l’extrait naturel alimentaire, et dont il est le directeur général, recevra bientôt 215.000 euros de la part de l’État. Une aide précieuse qui s’inscrit dans le cadre du Plan France relance lancé le 3 septembre dernier et qui est présenté ce mercredi devant la Commission européenne.

Après avoir soutenu les entreprises françaises lourdement impactées par la crise sanitaire et économique, le gouvernement entend maintenant guider la reprise industrielle au travers d’appels à projet. Depuis septembre, plus de 1412 lauréats ont ainsi été sélectionnés et recevront un financement public pour mener à bien leurs investissements. «Nous sommes dans une période où les entreprises peuvent avoir un peu plus de mal à se projeter. En soutenant l’investissement, on fait ce petit pas qui les aide à passer le cap et à continuer d’investir et donc d’innover», explique-t-on au ministère chargé de l’Industrie. 35 milliards d’euros sur les 100 milliards du Plan de Relance sont ainsi consacrés à l’industrie dont 20 milliards de baisses d’impôts de production, 12,5 milliards dédiés au Plan d’Investissement d’Avenir (PIA) et qui a pour but de favoriser la création d’emplois. Enfin, 3,4 milliards d’euros seront distribués aux entreprises sous la forme d’appels à projet. Une somme à laquelle s’ajoute 1 milliard supplémentaire, redéployé face aux succès des appels à projet. Plus de 4570 dossiers ont déjà été déposés depuis septembre.

La société Guédant, basée à Poigny (Île-de-France), recevra, elle, 215.000 euros soit 10% des 2,5 millions d’euros d’investissements qu’elle entreprend pour moderniser et renforcer son activité. «C’est vraiment un accélérateur. Grâce à cette somme, nous allons pouvoir engager de l’argent plus rapidement pour nos travaux d’agrandissement», se réjouit Jérôme Rethore. «L’objectif est d’étendre l’usine de Poigny d’un peu plus de 1000 m2 supplémentaires afin de renforcer nos capacités de production et notre activité de recherche et développement», poursuit-il. En novembre, l’entreprise avait candidaté à l’appel à projet «plan de relance pour l’industrie-secteur stratégique» avant de recevoir, quatre mois plus tard, la bonne nouvelle.

Des secteurs stratégiques

Les entreprises ne sont pas choisies au hasard. Tirant leçon d’une crise sanitaire qui a mis en lumière la dépendance de la France à l’importation dans certains secteurs comme la santé et l’électronique, le gouvernement a privilégié quatre pôles stratégiques résumés par l’acronyme DRIM : décarbonation, relocalisation, innovation et modernisation et qui permettront à la France de développer «compétitivité et résilience». «Il s’agit de développer l’industrie 4.0 grâce à de nouvelles technologies comme l’intelligence artificielle. Mais aussi de faire de l’industrie, qui est responsable de 20% des émissions de gaz à effet de serre en France, un moteur de la transition écologique», explique le cabinet d’Agnès Pannier-Runacher.

Au total, 1,6 milliard d’euros d’aides publiques ont déjà été engagés par l’État soit 25% du montant total des investissements générés par les entreprises industrielles qui se chiffrent à 6,2 milliards d’euros, selon les chiffres du ministère chargé de l’Industrie datant du 9 avril. Le secteurs de l’automobile et de la santé figurent parmi les mieux dotés avec chacun 17% des fonds alloués par l’État. «Nous avons connu une perte de vitesse, la France est passée de la 1ere à la 4e place, voire à la 5e, en Europe en termes de parts de marché sur les industries de la santé. Ce sont des rangs que nous allons regagner en modernisant et en innovant», assure le ministère chargé de l’Industrie. Ils sont suivis par l’aéronautique (16% des aides publiques) et l’agroalimentaire (14%).

Les PME, TPE et ETI au coeur du plan de relance

Au-delà de favoriser certains secteurs, la France entend également soutenir son réseau de petites et moyennes entreprises. Les TPE et PME représentent ainsi 60% des lauréats des appels à projet pour un montant de plus de 700 millions d’euros d’aides publiques déjà engagées. 23% des lauréats sont ensuite des entreprises de tailles intermédiaires (ETI) pour un montant de 280 millions d’euros. Enfin les grandes entreprises n’ont, elles, remporté que 17% des appels à projet et recevront 500 millions d’euros de financements.

«Le tissu industriel français compte plus de 33.000 PME industrielles ce qui explique que l’on retrouve beaucoup de ce type d’entreprises parmi les projets sélectionnés. Mais il y a également une volonté de les soutenir, notamment pour l’impact qu’elles peuvent avoir sur le territoire en termes de création d’emplois directs et indirects», explique le ministère chargé de l’Industrie. C’est en effet l’un des objectifs du plan de relance, créer de l’emploi. Les appels à projets ont d’ores et déjà permis de conforter ou de créer 106.000 emplois, avance-t-il.

Quant à Jérôme Rethore, il attend désormais de revoir la première enveloppe des aides publiques promises par l’État. Une première lui sera remise après le lancement des travaux et la deuxième à la fin du projet. Le versement de ces financements est en effet conditionné à une preuve de l’engagement des fonds par l’entreprise. Se félicitant de la forte demande, Jean Castex a annoncé en avril dernier le prolongement de ces appels à projets jusqu’à septembre prochain.



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