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Economie

Des candidats pour les étoiles? L’Europe recrute ses futurs astronautes


L’Agence spatiale européenne (ESA) va lancer sa quatrième campagne de recrutement d’astronautes. Entre quatre et six candidats seulement seront retenus.

Envie de partir en orbite ? L’Agence spatiale européenne (ESA) s’apprête à lancer sa quatrième campagne de recrutement d’astronautes, visant un «changement générationnel», avec aussi plus d’espace pour les femmes, et peut-être les personnes handicapées. Les places sont rares: entre quatre et six candidats seulement seront retenus à l’issue d’un long processus de sélection, qui s’ouvrira le 31 mars avec l’accueil des postulants, et s’achèvera en octobre 2022.

Lors de la précédente vague de recrutements en 2008, sur plus de 8000 aspirants, moins de dix avaient franchi la ligne d’arrivée, parmi lesquels Thomas Pesquet, benjamin du corps européen des astronautes. «Des volontaires pour devenir nos nouveaux collègues ? Lancez-vous !!», a tweeté l’astronaute français de 43 ans, en pleins préparatifs pour sa deuxième mission à bord de la station spatiale internationale (ISS), «Alpha», prévue au printemps prochain.

Depuis son lieu d’entraînement, non communiqué par l’ESA, Thomas Pesquet délivrera quelques conseils à ses futurs collègues, dans un message vidéo retransmis mardi lors d’une conférence de presse qui marquera le lancement officiel de la campagne. Cette vague de recrutement est une première depuis 11 ans pour l’ESA et ses 22 États membres, à l’heure où elle entre dans une «nouvelle ère de l’exploration spatiale».

«Parastronautes»

Car la prochaine génération d’astronautes, qui côtoiera l’actuelle, a vocation à s’envoler vers l’ISS, mais aussi vers la Lune, avec notamment le programme américain Artémis qui vise, dans la prochaine décennie, un retour d’astronautes sur le sol lunaire et l’installation d’une base permanente. L’ESA a déjà obtenu trois sièges pour les Européens à bord de la future station orbitale lunaire Gateway, en tant que contributeur au programme.

Avec ce nouvel horizon en vue, l’agence européenne veut «initier un véritable changement générationnel». Elle «encourage vivement les femmes à postuler», afin de «renforcer la diversité de genre dans ses rangs». Lors de la précédente campagne, seulement 16% de femmes s’étaient portées candidates. Mais la diversité devra aussi «peut-être» s’élargir aux handicaps physiques, annonce David Parker, directeur de l’exploration humaine et robotique à l’ESA, dans un communiqué. «Parallèlement au recrutement des astronautes, je lance le projet de faisabilité des parastronautes – une innovation pour laquelle l’heure est venue», détaille ce responsable.

Des critères de sélection multiples

Six épreuves attendent les candidats, âgés de préférence de 27 à 37 ans et issus des 22 pays membres de l’agence spatiale, créée en 1975. Le contenu des épreuves sera détaillé mardi, mais on sait déjà que le niveau d’exigence pour travailler en orbite (scientifique, technique, physique, psychologique…) est élevé. Sans compter les langues à connaître : Thomas Pesquet parle anglais, russe, espagnol, allemand et même un peu chinois.

Les critères de sélection sont multiples, et des aspects plus politiques – tous les États membres ne contribuant pas au budget de l’ESA à la même hauteur – devraient aussi jouer sur la décision finale. Le corps d’astronautes européen compte actuellement sept membres: les Allemands Alexander Gerst et Matthias Maurer, les Italiens Luca Parmitano et Samantha Cristoforetti, le Français Thomas Pesquet, le Britannique Timothy Peake et le Danois Andreas Mogensen. Une nouveauté de la future promotion : la création d’un «corps de réserve», en plus du corps principal d’astronautes.



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