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Finance

Désastreuse en France, la récolte de blé s’annonce record en Russie



Au Liban, depuis l’explosion dans le port de Beyrouth, on compte les morts, les blessés, mais aussi les réserves de blé tendre. La déflagration du stock de nitrate d’ammonium a éventré les gigantesques silos à grains d’une capacité de 120.000 tonnes. Ils n’en contenaient que 15.000 tonnes au moment de l’accident, mais tout est désormais impropre à la consommation.

Dans un pays où une grande partie de la population a déjà du mal à se nourrir sur fond de crise et d’inflation galopante, il n’en fallait pas plus à l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO) pour mettre en garde contre une crise alimentaire. « On craint d’avoir à assez brève échéance un problème de disponibilité de farine pour le pays », avertissait le responsable des urgences de la FAO la semaine dernière.

Soutien international

Les autorités locales se montrent rassurantes. Elles assurent disposer de suffisamment de céréales pour au moins un mois. Plusieurs navires en provenance d’Ukraine se dirigeraient vers Beyrouth avec 28.000 tonnes de blé à bord. Par ailleurs, l’aide internationale , les dons et envois de blé et de farine se sont multipliés, limitant les risques de pénurie totale.

Le Liban importe 80 % de sa nourriture, notamment sa denrée de base, le blé, et Beyrouth constitue la porte d’entrée principale de son alimentation. Comme ses voisins, le Liban dépend des marchés internationaux. Les pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient représentent 4 % de la population mondiale, mais réalisent environ 30 % des importations mondiales de blé.

De ce point de vue, le risque de crise alimentaire tant redoutée pendant la crise du covid est limité. Le monde va produire du blé en quantité suffisante pour satisfaire la demande mondiale et maintenir les prix à des niveaux relativement stables. Selon les prévisions du Conseil international des grains pour la campagne 2020-2021, l’offre devrait dépasser la demande de 12 millions de tonnes avec une production totale de 762 millions de tonnes.

La Russie repasse devant l’Union européenne

Sur le marché international, les acheteurs risquent toutefois d’être contraints de revoir leurs chaînes d’approvisionnement : les conditions climatiques ont malmené les équilibres de production. Ceux qui avaient l’habitude de se tourner vers l’Union européenne, notamment la France, premier exportateur du bloc, vont devoir se fournir ailleurs.

La moisson des 27 va fondre de 11 % à 117 millions de tonnes, pénalisée par la Roumanie, victime d’une terrible sécheresse suivie de pluies diluviennes au moment de la moisson. Et surtout par une récolte désastreuse en France (-26 %), qui a reçu trop d’eau au moment des semis et pas assez au printemps. Les exportations vont mécaniquement tomber à 13 millions de tonnes environ contre plus de 21 millions auparavant.

Double peine pour les céréaliers français

Pour les agriculteurs français, la campagne s’annonce rude. « Après une année 2016 catastrophique, et compte tenu des faibles volumes récoltés cette année, les céréaliers français vont de nouveau être éprouvés, d’autant plus que les cours ne réagissent pas à la hauteur du phénomène », anticipe Michel Portier d’Agritel. La tonne de blé sur le marché à terme d’Euronext continue de reculer et s’échange contre 177 euros.

La légère baisse des prix n’est pas étonnante : la Russie va enregistrer la deuxième meilleure moisson de son histoire avec une production d’environ 78 millions de tonnes et au passage ravir à l’UE son titre de premier exportateur au monde. Outre-Atlantique, les agriculteurs canadiens vont, eux aussi, réaliser la plus importante récolte de leur histoire avec une production de 31,9 millions de tonnes.

Et si les consommateurs venaient encore à manquer de céréales, ils pourront un peu plus tard dans l’année s’approvisionner dans l’hémisphère sud où « les régions clé de production semblent connaître de bonnes conditions avec des niveaux de précipitations corrects ces dernières semaines », soulignent les analystes de Rabobank.



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