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Economie

Dette, croissance, chômage… Toutes les économies ne sont pas logées à la même enseigne


«L’économie mondiale s’est quasi arrêtée.» Emmanuel Macron lui en même en convient, comme tous les grands responsables politiques ou économiques. Après la crise sanitaire, la crise économique. Une crise qui touchera l’intégralité de l’économie mondiale. Récession, dette, chômage… Le Figaro passe en revue les prévisions des grandes économies du globe pour l’année 2020.

Des taux de croissance historiquement bas

La croissance mondiale devrait chuter de 6% en 2020, selon les récentes prévisions de l’OCDE. «Sur les mois de mars et avril, il y a eu des ruptures d’activité jamais observées depuis la Seconde Guerre mondiale. Cela traduit le confinement observé quasiment partout», explique Philippe Waechter, chef économiste chez Ostrum Asset. «Ce qui est très particulier, reprend-il, c’est qu’il y a à la fois un arrêt de l’économie très rapide, mais aussi synchronisé. On est tous dans le même sac.» Les chiffres sont vertigineux : -11,4% prévus chez nous selon l’OCDE (le gouvernement table sur -11%), -11,3% en Italie, -11,5% au Royaume-Uni, -9,1% pour la zone euro ou encore -7,3% attendus aux États-Unis.

Quelques prévisions de croissance pour 2020 Le Figaro

«On voit une très grande divergence entre les pays», commence Eric Dor, directeur des études économiques à l’IESEG. Alors pourquoi la France semble-t-elle plus touchée ? Selon lui, il s’agit des «différences de sévérité dans les mesures de confinement.» Même constat chez Philippe Waechter. «L’Insee a répété que notre économie tournait à 65% de ses capacités. À titre de comparaison, l’Allemagne c’était 80%.»

Selon lui, trois facteurs vont jouer sur la reprise. «La vigueur des politiques économiques mises en place, les éventuels changements de comportement sur l’épargne et la dynamique de faillites des entreprises», détaille-t-il, rappelant que «tous ces éléments créent de l’incertitude sur ce qu’il va se passer». Selon lui, les prochains mois sont «essentiels» pour que la reprise puisse se faire plus rapidement, voire dès 2021. Eric Dor prévient : tous ces chiffres sont à prendre «avec des pincettes». Une deuxième vague qui frapperait nos économies, ou même la Chine, par exemple, viendrait naturellement empirer ces prévisions, du fait de «l’interdépendance des pays entre eux».

Partout, le chômage explose

Deuxième élément tout aussi impressionnant qu’inquiétant, celui du chômage. Là aussi, les chiffres plongent à des degrés différents. Toujours selon l’OCDE, avec l’hypothèse d’un «choc unique», écartant donc l’éventuelle seconde vague accompagnée d’un reconfinement, la France verra son taux de chômage passer de 7,8% au premier trimestre à 12,3% au quatrième. 8,5% contre 12,4% en Italie, 3,9% contre 9,7% au Royaume-Uni, ou encore 13,9% contre 21,8% en Espagne. Aux États-Unis, les prévisions du chômage de l’OCDE portent sur un passage de 3,8% au premier trimestre de l’année à 10,4% au dernier. En Allemagne, l’explosion du taux de chômage n’est en revanche pas prévue : 3,4% au premier trimestre contre un modeste 5% attendu au quatrième.

Comparaisons des estimations de chômage entre le T1 et le T4 en 2020 Le Figaro

Dans l’analyse de ces chiffres, «il ne faut pas négliger les différences de spécialisation sectorielle des pays», reprend Eric Dor. Les pays du pourtour méditerranéen seront forcément plus affectés, du fait d’une baisse colossale des activités touristiques, explique-t-il. Il cite aussi bien la France que l’Espagne ou le Portugal. «Certaines régions, comme les îles Canaries, ne vivent que du tourisme. Là-bas, l’impact sera destructeur», analyse-t-il. Dans le même sens, si les échanges industriels peinent à reprendre, l’Allemagne subira un impact plus fort, prévient-il.

«Le profil type, c’est un premier trimestre mauvais, un deuxième pire puis une reprise significative aux troisième et quatrième trimestres», ajoute Philippe Waechter. Il cite alors les 2,5 millions d’emplois déjà recréés aux États-Unis en quelques jours. «Pour la moitié, il s’agit de la réouverture des restaurants», dit-il. «On peut avoir des effets très vite», lance encore l’économiste.

Face aux plans de relance, les dettes se creusent

Le débat fait rage en France et ailleurs : que faire de nos dettes ?Comment rembourser ces emprunts colossaux des quatre coins du monde ? En France, la dette à la fin de l’année devrait s’élever à 121%du PIB. C’est une vingtaine de points de pourcentage de plus sur un an. Mais la France ne fait pas figure d’exception. +17 points pour l’Allemagne, 19 points pour les États-Unis (prévision au 1er octobre 2020 selon le Committee for a Responsible Federal Budget) ou encore 20 points pour l’Espagne.

À l’échelle des grandes puissances mondiales, les dettes devraient s’accroître de façon assez équivalente. Pour les années à venir, elles dépendront davantage de la reprise économique et pourraient, là, prendre des chemins différents. Ici, les données pour la Chine ne sont pas connues.

Les dettes des grandes économies mondiales augmenteront toutes de façon équivalente ou presque Le Figaro



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