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Economie

Donald Trump ne peut pas revenir sur le réseau Facebook


Le Conseil de surveillance donne raison au réseau social d’avoir suspendu le compte de l’ancien président, mais exige de préciser une date de fin pour ce bannissement.

Donald Trump ne peut pas réintégrer le réseau Facebook pour l’instant et Facebook a eu raison de prendre la décision de suspendre son compte. Ainsi en a décidé le Conseil de surveillance du géant américain, la «Cour suprême» chargée de trancher les conflits de modérations les plus sensibles. En revanche, le réseau ne peut le faire de façon «indéterminée» et devra définir une date de fin.

Il y a quatre mois, au lendemain de la prise d’assaut du Capitole par une foule de ses partisans, la plateforme avait suspendu les comptes personnels de l’ancien président américain, qui comptait alors 35 millions d’abonnés sur Facebook et 24 millions d’abonnés sur Instagram. Dans une vidéo postée sur le réseau, Donald Trump exprimait son soutien aux émeutiers. Une incitation explicite à la violence qui enfreignait ses règles internes du réseau social, avait expliqué Facebook. « Nous estimons que les risques de permettre au président de continuer à utiliser nos services pendant cette période (de transition) sont simplement trop importants » avait écrit Mark Zuckerberg, le pdg de Facebook, sur son blog.

Ce « bannissement » jusqu’à nouvel ordre était l’épilogue d’une série d’avertissements sur des messages de Donald Trump jugés problématiques (dont de la désinformation sur le processus électoral, l’utilisation d’un symbole nazi, de propos haineux…) que la plateforme avait maintenus. La direction de Facebook estimait alors que même si le président violait les règles, ses commentaires devraient rester disponibles pour que le public puisse se faire sa propre opinion sur ses propos politiques. Une position très critiquée en externe comme en interne.

Le pouvoir d’une entreprise privée

Au-delà des pro-Trump qui criaient à la censure, la décision de Facebook avait ému politiques de tous bords et associations de défense des libertés, en raison du pouvoir conféré à une entreprise privée de supprimer le compte personnel d’un chef d’État, sans autre forme de procès. En Europe, la chancelière Angela Merkel avait exprimé son malaise vis-à-vis de cette décision. «De nombreuses personnes ne sont pas à l’aise avec l’idée que des entreprises tech aient le pouvoir de bannir des chefs d’États. Beaucoup arguent qu’une entreprise privée comme Facebook ne devrait pas prendre seule de telles décisions. Nous sommes d’accord avec ce constat», acquiesçait Nick Clegg, responsable des affaires publiques de Facebook.

Fin janvier, Facebook avait décidé de confier à son Conseil de surveillance le soin de trancher définitivement cette affaire. Cette sorte de « cour suprême » chargée de statuer sur les décisions de modération les plus complexes du réseau est financée par Facebook (à hauteur de 130 millions de dollars), mais ses 20 membres (journalistes, experts en technologies, magistrat, chercheurs, ONG..) – qui seront 40 à terme – sont indépendants de la société.

Portée de la décision

Devant l’importance et la portée attendue de sa décision, et après avoir reçu 9000 messages à son appel à contribution publique, le Conseil de surveillance s’était donné du temps pour mûrir sa réflexion. Donald Trump lui a aussi envoyé une déclaration d’utilisateurs avec ses arguments pour contester la première décision de Facebook.

Outre le cas spécifique de Donald Trump, la décision du Conseil de surveillance donne des recommandations plus générales sur la façon dont la plateforme doit aborder les messages de dirigeants d’État enfreignant leurs règles. L’utilisation du réseau par Jair Bolsonaro (Brésil), Rodrigo Duterte (Philippines) ou Ali Khamenei (Iran) pose problème.

«Précédent dangereux»

D’autres réseaux sociaux ont pris des mesures similaires concernant le président américain après l’invasion du Capitole. Twitter a suspendu de manière irrévocable le compte aux 89 millions d’abonnés de Donald Trump, tout en admettant que cela représentait un « précédent dangereux ». «Le fait d’interdire un compte a des conséquences réelles et importantes » déclarait son fondateur Jack Dorsey dans une série de tweets après sa décision.

De son côté, YouTube, la plateforme vidéo de Google, a indiqué attendre que «le risque de violence diminue» avant d’autoriser l’ancien président à publier de nouveau des vidéos sur sa chaîne.



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