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Finance

Elections américaines: le dollar face au risque de «vague démocrate»



Publié le 12 oct. 2020 à 9:43Mis à jour le 12 oct. 2020 à 14:58

Les marchés broient du dollar . Leur pessimisme à l’égard du billet vert a atteint un plus haut depuis près de 3 ans, comme le montre l’accumulation de positions spéculatives à la baisse sur la devise américaine. Les hedge funds sont particulièrement négatifs sur les perspectives de la première monnaie mondiale. Le dollar perd 3,4 % cette année alors que les années électorales lui sont en générales favorables. Le billet vert progresse près de deux années sur trois quand il faut renouveler le locataire de la Maison Blanche. La probabilité d’une victoire démocrate augmente et cette hypothèse est la plus négative pour la monnaie américaine selon les marchés.

En cas de « vague bleue » (la couleur des démocrates), une victoire de Joe Biden et une majorité démocrate au sénat (l’élection présidentielle est couplée avec celle de 35 sénateurs et de la Chambre des représentants), l’euro et le renminbi gagneraient 0,45 % contre le dollar dans les 24 heures qui suivraient les résultats d’après le sondage de la banque Nomura.

Une « vague rouge » (couleur des républicains) ferait baisser l’euro de 0,2 % contre le dollar et le billet vert gagnerait 0,5 % contre la monnaie chinoise. Si le vainqueur de l’élection présidentielle ne peut être désigné le jour J (scrutin trop serré), le dollar profiterait modestement de ce statu quo : légère baisse de l’euro et stabilité face à la monnaie chinoise. C’est surtout Wall Street qui s’inquiéterait de ce scénario d’imbroglio, qui rappellerait l’élection de 2000. Les actions américaines chuteraient de 3,4 % en une journée selon les professionnels interrogés.

Priorité à la relance

« La politique commerciale de Donald Trump est beaucoup plus agressive (tarifs douaniers) que celle envisagée par Joe Biden. L’élection du démocrate créerait moins de turbulences dans le commerce mondial et ferait remonter les devises des partenaires commerciaux des Etats-Unis, Europe, Japon et certains pays émergents. Sur le plan intérieur, le démocrate veut accroître les dépenses (infrastructures) et augmenter les déficits, ce qui va aussi faire baisser le dollar » estime Jeremy Hale, stratège sur les monnaies du G10 chez Citi.

Une administration Biden souhaitera mettre la priorité sur la reprise de l’activité en reportant ses hausses d’impôts. Elle s’accommodera d’un dollar faible. Plus il recule, plus les étrangers peuvent acheter des actifs américains (actions, obligations) et faire des investissements directs dans le pays. Or, manquant d’épargne pour financer la relance de son activité, les Etats-Unis ont besoin de capitaux étrangers abondants et réguliers.

« Même s’il y a des différences entre les deux programmes, il y a une forte probabilité d’un nouveau plan de soutien fiscal et monétaire aux Etats-Unis au premier semestre prochain » estime Stephen Jen, stratège chez Eurizon SLJ Capital. Il ne faut toutefois pas, selon lui, noircir le tableau en évoquant un effondrement de la devise de la première économie mondiale et une « guerre civile monétaire ». « Ecrire aujourd’hui l’épitaphe du dollar est aussi peu pertinent que dans les années 60 quand les troubles sociaux frappaient aussi durement ce pays ».

Les « largesses » prévisibles de l’administration Biden feront grimper la dette et déficits et minent le billet vert dans un premier temps. Mais elles auront aussi un impact positif à terme sur le dollar si elles réussissent à augmenter le taux de croissance potentiel. L’économie américaine repartirait durablement plus vite et plus fort que le reste du monde attirant comme un aimant les capitaux du monde entier.

Tendances de long terme

Le dollar baisse en moyenne de 5 % dans les 5 jours qui précèdent l’élection présidentielle américaine, selon le hedge fund Winton. Quel que soit le vainqueur, démocrate ou républicain, il regagne tout le terrain perdu dans les 20 séances suivantes et 3 % dans les 100 jours. L’or baisse de 8 % dans le mois qui suit l’élection. Cette valeur refuge contre les incertitudes cède du terrain une fois le résultat connu. L’indice Dow Jones gagne près de 5 % dans les 20 séances après le scrutin. Les marchés préfèrent la continuité. Wall Street gagne 15,3 % l’année de l’élection si le parti au pouvoir maintient un candidat de son obédience à la Maison-Blanche (deuxième mandat ou victoire d’un candidat du même parti). Les actions américaines perdent 4,4 % en cas d’alternance politique. Elles ont vu leur valeur tripler sous les présidences de Roosevelt et Clinton, et baisser sous Reagan et G.W Bush, pourtant les candidats préférés de Wall Street.



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