Image default
Economie

En 2021, Arianespace vise un lancement par mois… au minimum


L’agenda de la société de services spatiaux est chargé, avec des missions pour OneWeb et le lancement du télescope spatial James-Webb, cent fois plus puissant que Hubble.

Malgré la crise sanitaire, Arianespace a terminé 2020 avec une mission de plus au compteur, à dix lancements au total, par rapport à 2019. Cela, malgré le coup d’arrêt des campagnes de lancement au centre spatial guyanais à Kourou, pendant deux mois pour cause de Covid-19.

La société de services spatiaux française aurait pu faire beaucoup mieux si une partie des satellites prévus avaient été au rendez-vous. Mais la faillite de OneWeb au printemps dernier a tout remis en cause. Depuis, la constellation a été reprise par un tandem associant l’État britannique au groupe indien de télécoms Bharti et les tirs ont repris en fin d’année dernière.

70% des lancements de satellites géostationnaires

Autre motif de satisfaction pour les équipes d’Arianespace, la société a été leader sur le marché des satellites géostationnaires (à 36.000 km de la Terre). «Nous avons lancé 70% de tous les satellites mis en orbite en 2020, soit sept. Dans le même temps, SpaceX en a lancé deux et la Chine un seul, une mission qui s’est soldée par un échec», explique Stéphane Israël, président d’Arianespace. La société a également lancé 166 satellites, de 250 grammes à 6,5 tonnes, ce qui reflète l’essor des constellations. «Sur ce total 75% étaient dédiés au marché des télécoms et 15% à l’observation de la Terre, ce qui montre bien la tendance du marché», souligne le président d’Arianespace, pour qui «2020 a été l’année des constellations». En 2020, SpaceX a multiplié les missions pour poursuivre le déploiement de Starlink.

L’année dernière, Arianespace s’est distinguée avec 92% de lancements réalisés pour le compte de clients commerciaux. Cela, alors que 83 des 114 missions de mise sur orbite recensées dans le monde en 2020 ont été réalisés pour le compte d’institutionnels (gouvernement, armée, organismes publics). «C’est une spécificité d’Arianespace», a souligné Stéphane Israël. C’est pourquoi il se réjouit que, «pour la première fois de l’histoire spatiale européenne», l’agence spatiale européenne et la Commission signent, en 2021, un accord-cadre pour une commande groupée de lancements pour Galileo, le GPS européen, et Copernicus (observation de la Terre). Un contrat global qui donne de la visibilité et qui serait «de l’ordre d’un milliard d’euros», a rappelé le président d’Arianespace.

Future constellation souveraine européenne

2021 devrait aussi permettre à l’Europe d’avancer dans le domaine des constellations. Arianespace participe, aux côtés de huit autres acteurs de la filière spatiale européenne, à une première étude de faisabilité d’une future constellation européenne. Cela, en vue d’un lancement d’un programme, tout aussi structurant et emblématique que Galileo et Copernicus. Thierry Breton, le commissaire européen au marché intérieur, également en charge du spatial, milite depuis des mois pour que l’Europe se dote d’une constellation souveraine qui permettrait de sécuriser, dans le cloud, les données des entreprises, agences et états européens, et de lancer des services d’internet pour tous. Le programme, qui pourrait être lancé au milieu des années 2020 pour une mise en service avant la fin de la décennie, serait financé par un partenariat public-privé.

Saluant la «mobilisation» en Europe en faveur de l’industrie spatiale, le président d’Arianespace rappelle que les États-Unis ont consacré 52 milliards de dollars à leur industrie l’année dernière, soit cinq fois plus que le vieux continent. Et qu’ils ont fait leur grand retour dans les vols habités avec le Crew Dragon, la capsule développée par SpaceX, qui a poursuivi le déploiement de sa constellation Starlink.

En 2021, la grande mission emblématique pour Arianespace, sera le lancement du télescope spatial James-Webb, cent fois plus puissant que Hubble, pour le compte de la Nasa et de l’Esa, son homologue européenne. Cette mission est prévue fin octobre 2021.

Arianespace compte aussi réaliser une mission par mois au moins pour le compte de OneWeb si les satellites sont prêts. La société devra aussi réussir cette année le retour en vol de Vega dont la dernière mission a été un échec, «cela avant la fin mars prochain». 2021 sera aussi l’année du premier vol de Vega C, successeur de Vega, et de la poursuite des préparatifs du vol inaugural d’Ariane 6 au second trimestre 2022.

Au total, cette année, Arianespace prévoit de réaliser «plus de missions qu’en 2020» jusqu’à une quinzaine, ce qui serait un record.



Source link

Autres articles

Aux États-Unis, Google va signaler les magasins tenus par des Noirs

administrateur

la fronde des commerçants contre les fermetures imposées par le confinement

administrateur

décideurs et grand public tout aussi inquiets face à l’avenir

administrateur

qui sont les ministres du gouvernement Castex

administrateur

les propositions de Démocratie vivante, le think tank pro Macron

administrateur

la filière prépare sa riposte

administrateur