Image default
Finance

En Allemagne, un moratoire sur les crédits à la consommation jusque fin juin



Aux grands maux les grands remèdes. Face à la pandémie et ses effets sur l’économie, le gouvernement allemand n’a pas seulement mis en place des mesures de chômage partiel, une protection des locataires ou un programme de prêts garantis par l’Etat de quelque 500 milliards d’euros . Berlin a très tôt ouvert la possibilité d’un moratoire sur les mensualités de crédits à la consommation.

« Nous faisons tout pour sécuriser la survie économique des gens durant la crise du coronavirus, a déclaré fin mars Christine Lambrecht, ministre de la Justice et de la Protection des consommateurs, en annonçant une série de mesures dans ce sens. Les dettes courantes peuvent rapidement devenir existentielles si les revenus font défaut ».

Concrètement, le gouvernement a imposé un moratoire de trois mois – du 1er avril au 30 juin – sur tous les remboursements de crédits à la consommation contractés par des particuliers avant le 15 mars 2020. Les clients sont invités à prendre contact avec leur banque et la durée des contrats sera automatiquement allongée de trois mois. Le gouvernement n’exclut pas de prolonger le dispositif.

Après une croissance de 3,4% l’année dernière, pour une production de 127,4 milliards d’euros, selon les chiffres de la fédération professionnelle bancaire Bankenfachverband, le secteur est confronté comme en France à un repli depuis la pandémie. Selon la Bundesbank, la demande a reculé au premier trimestre pour la première fois depuis le deuxième trimestre 2013.

BNP Paribas et Crédit Mutuel en pointe

 Ce repli intervient après des années de croissance sur un marché particulièrement lucratif, où les taux d’intérêt dépassent 6%. Comme en France, c’est le financement automobile qui tire le marché . Selon un sondage Ipsos réalisé l’an dernier pour la profession, deux tiers des clients de crédit à la consommation ont recours à ce financement pour se procurer une voiture neuve ou d’occasion.

Mais alors que la conjoncture se dégrade, les établissements financiers commencent à craindre une prochaine série de faillites personnelles, qui risque d’impacter leur coût du risque. D’où une certaine inquiétude qui pointe dans la profession. « Les financements sont systémiques », a rappelé mi-mai Frederik Linthout, président du Bankenfachverband, soulignant la fonction macroéconomique du secteur.

La hausse prévisible du coût du risque devrait impacter fortement les banques étrangères, dont la part de marché est passée de 27 à 35% depuis 2009, selon Barkow Consulting. Outre l’espagnol Santander, les français Crédit Mutuel (via Targobank) ou BNP Paribas (via Consors Finanz) sont particulièrement offensifs.



Source link

Autres articles

Coronavirus : craignant désormais une récession, la banque centrale sud-coréenne fait chuter ses taux

administrateur

La Fed ratisse large pour ses achats de dette d’entreprise

administrateur

Fitch dégrade la note de l’Italie à un cran de la catégorie à risque

administrateur

Comment les fonds monétaires ont évité la catastrophe

administrateur

Anti-blanchiment : Bruxelles veut reprendre la main

administrateur

Le gendarme boursier craint une nouvelle correction sur les marchés

administrateur