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Economie

En colère, les restaurateurs devront encore attendre deux mois


Martyr chrétien, saint Sébastien pourrait devenir un symbole pour les restaurateurs. Déjà affaiblis par le premier confinement, le couvre-feu, puis le reconfinement, ces derniers devront, en effet, attendre le 20 janvier, jour de fête des Sébastien, avant de rouvrir. Pour eux, le déconfinement progressif sera très lent. Mais pas aussi intenable que pour les patrons de bars, privés de toute perspective de réouverture. Ces décisions risquent fort de sonner le glas des vacances au ski d’ici janvier.

«La profession est sur le point de craquer, prévient le restaurateur Stéphane Manigold, cofondateur et porte-parole du collectif Restons ouverts, qui fédère plus 3000 cafés, bars et restaurants. Ça chauffe. Une grosse manifestation se prépare en décembre, à Paris. Nous attendons des milliers de restaurateurs. Des bus viendront de toute la France.»

Ils ne pourront pas profiter de la période des fêtes de fin d’année, et en particulier du réveillon du 31 décembre, pour commencer à se refaire une santé. 2020 aura été un cataclysme. «Nous nous attendions depuis longtemps à ce que les prochaines réouvertures ne concernent pas les cafés, bars et restaurants», déplore Didier Chenet, président du Groupement national des indépendants (GNI). «Les cafés, restaurants, hôtels et discothèques sont la variable d’ajustement des normes sanitaires et payent le plus lourd tribut de cette crise sanitaire», s’indigne l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih).

Le niveau d’angoisse n’a jamais été aussi élevé. La promesse «zéro recette, zéro charge» faite au printemps par Emmanuel Macron n’a toujours pas été tenue assurent les professionnels. Endettés, sans recettes, de plus en plus de professionnels ne peuvent plus payer leurs factures. Il y a le loyer bien sûr, mais aussi les congés payés, les factures d’eau, d’électricité… Les entreprises à la trésorerie fragile, ne s’en sortent plus.

Nous sommes obligés de faire l’aumône pour sauver nos emplois et notre patrimoine gastronomique

Stéphane Manigold, cofondateur et porte-parole du collectif Restons ouverts

Mardi soir, le président a promis le prolongement des aides (chômage partiel, prêt garanti par l’État, exonérations de charges…) et, surtout, la possibilité nouvelle pour les entreprises de moins de 250 salariés (restaurants, discothèques, bars, salles de sport) de se faire indemniser à hauteur de 20 % du chiffre d’affaires de 2019.

«La situation actuelle exige que les aides soient améliorées, en particulier l’accès au fonds de solidarité, sans condition et pour toutes les professions du secteur, insiste Didier Chenet. Si ce n’est pas le cas, plus de 30% des entreprises iront à la faillite.» Une minorité de restaurants vont réussir certes, tant bien que mal, à maintenir une petite activité (épicerie, vente à emporter, livraison…). Mais cela ne compense jamais le manque à gagner causé par la fermeture des salles. Depuis des semaines, les syndicats professionnels alertent les ministères sur le risque de faillites en cascade.

«Les États-Unis vont injecter 120 milliards de dollars, pour compenser les pertes de chiffre d’affaires des restaurants, constate Stéphane Manigold. En Allemagne, jusqu’à 75% du chiffre d’affaires est pris en charge par les Länder. À quand le “quoi qu’il en coûte” d’Emmanuel Macron? Nous sommes obligés de faire l’aumône pour sauver nos emplois et notre patrimoine gastronomique, qui fait la fierté et le rayonnement de la France dans le monde entier.»

Pour la première fois, les restaurateurs descendent dans la rue. À Marseille, Perpignan, Nantes, Nîmes, Toulouse… un peu partout, des rassemblements ont déjà eu lieu pour dénoncer une situation jugée injuste. Des collectifs se créent. À Grenoble, 800 manifestants vêtus de noir, parmi lesquels de nombreux restaurateurs, sont venus lundi de toute l’Isère et de la Savoie. À Lyon, plus d’un millier de personnes ont défilé, à l’appel de plusieurs organisations parmi lesquelles l’Umih et Les Toques blanches, une association de restaurateurs lyonnais. Ils ne demandent qu’une chose: «Laissez-nous travailler!» Ils sont d’autant plus furieux que la Grande-Bretagne commence à rouvrir ses pubs et restaurants dès le 3 décembre.



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