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Finance

Etats-Unis : la justice s’intéresse au cartel du poulet



La crise du coronavirus n’a pas mis à l’arrêt les enquêtes outre-Atlantique. Le ministère de la Justice américain vient de publier un acte d’accusation contre quatre dirigeants de producteurs de volaille pour manipulation des prix de vente aux restaurants et aux supermarchés. Parmi les personnes directement visées par cette enquête, figure notamment Jayson Penn, le patron de Pilgrim’s Pride, deuxième plus important producteur de volaille aux Etats-Unis, une société dans le giron du géant brésilien JBS. Mikell Fries, président de Claxton Poultry, est également dans le viseur de la justice.

« Si c’est illégal, ne me dites rien »

« Les dirigeants qui trompent les consommateurs américains, les restaurateurs et les distributeurs, tout en compromettant l’intégrité de l’offre alimentaire devront répondre de leurs actes », a averti Makan Delrahim, du ministère de la Justice (DoJ). Les autorités précisent que les faits reprochés s’étendent sur la période allant de 2012 et de 2017. Les personnes poursuivies encourent jusqu’à 10 ans de prison et une amende d’1 million de dollars.

Le secteur a nettement décroché en Bourse après les révélations du DoJ. Le titre de Pilgrim’s a plongé de 12 %, celui de Tyson Foods et de Sanderson Farms, qui ne sont pas cités, ont respectivement perdu 3.8 % et 6.2 %.

Dans le dossier, les autorités dévoilent quelques discussions où les dirigeants pourtant concurrents partageaient leurs informations et ajustaient leurs stratégies de prix. Un acheteur fait une demande pour l’année 2012 ; deux rivaux n’hésitent pas à s’appeler à demander de faire monter les prix. « Dites-lui qu’on essaye ! », répond d’ailleurs un concurrent. Certains échanges montrent explicitement que les dirigeants étaient conscients de flirter avec la ligne rouge. Demandant des précisions sur un concurrent accommodant à l’un de ses collaborateurs, Jayson Penn, patron de Pilgrim’s, ajoute dans la foulée « si c’est illégal, ne me dites rien ».

Eleveurs et consommateurs perdants

Cette accusation intervient alors que les éleveurs, les enseignes de grandes distributions et les restaurants sont de plus en plus nombreux à s’inquiéter du manque de concurrence entre les quelques acteurs qui concentrent la transformation et l’emballage de la viande. Les prix pour les consommateurs augmentent alors que les marges des éleveurs sont toujours plus faibles. Les plus grands distributeurs, dont Walmart et Kroger ont porté plainte contre les transformateurs de volaille en 2019 pour pratiques anticoncurrentielles.

La justice a d’ailleurs fait des demandes d’informations aux 4 grandes sociétés qui concentrent la production de viande bovine pour des pratiques anticoncurrentielles sans toutefois les inculper. Toute l’industrie de la viande aux Etats-Unis est sous pression depuis la crise du covid-19. En raison de nombreux cas de contamination dans les abattoirs et dans les ateliers de découpe, les capacités de production ont divisé par deux à certains moments. Faute de débouchés, les éleveurs de porcs ont euthanasié leurs cheptels.



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