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Finance

Etats-Unis : la Réserve fédérale promet d’aider les organisations caritatives



C’est contre-intuitif, mais somme toute logique : le secteur à but non lucratif pèse très lourd aux Etats-Unis. L’an dernier, 450 milliards de dollars ont été versés par des particuliers (près de 70 % du total), des fondations et des entreprises (5 %) aux organisations caritatives et à but non lucratif, selon le rapport annuel de Giving USA , publié le 16 juin. La volonté de limiter le rôle de l’Etat a historiquement contribué au développement des « charities » aux Etats-Unis et les outils à disposition des donateurs se sont multipliés.

« Avec la croissance des dons provenant de fonds gérés par les donateurs [les Donors-advised funds ou DAF, NDLR], les programmes de dons planifiés, l’évolution vers des plateformes de dons en ligne et des journées de dons, il existe des opportunités plus variées qu’il y a dix ans pour les organisations à but non lucratif de s’engager auprès des donateurs actuels et potentiels », explique Laura MacDonald, vice-présidente de la fondation Giving USA.

« Rôle essentiel », selon la Fed

Mais la crise du coronavirus a fragilisé un secteur qui pèse lourd en emplois. « Comme c’est le cas pour tous les secteurs de l’économie, les organisations à but non lucratif traversent une période difficile en raison de la pandémie de Covid-19, avec des pertes d’emplois prévues de plus de 1,6 million entre mars et mai 2020 – tout cela à un moment où la demande pour leurs services augmente », notent les auteurs du rapport annuel du Centre Johns Hopkins sur les études de la société civile, publié lui aussi le 16 juin.

La Réserve fédérale a visiblement saisi l’enjeu. « Les organisations à but non lucratif jouent un rôle essentiel dans l’ensemble de l’économie et le conseil travaille à la mise en place prochaine d’un programme pour ces organisations », a annoncé le 15 juin la banque centrale américaine. Selon le dernier rapport de l’université Johns Hopkins sur le secteur , seuls 38 % de ses salariés entrent dans les critères du PPP (Paycheck Protection Program), le programme d’aide fédérale aux PME, qui octroie des prêts transformables en subventions pour les petites entités promettant de conserver leurs salariés .

Le programme de la Fed ne subventionnera pas l’emploi mais il donnerait accès aux 600 milliards de dollars de prêts déjà disponibles pour les PME. Il viserait les organisations à but non lucratif ayant plus de cinq ans d’existence et moins de 3 milliards de dollars de dotation, avec entre 50 et 15.000 salariés.

Verser effectivement les dons

Pour amortir l’impact de la crise et en attendant ce programme de prêts, des voix s’élèvent pour pousser les particuliers à désigner des bénéficiaires pour leur argent placé dans les fonds orientés par les donateurs, les DAF. Ces fonds, qui totalisaient 121 milliards de dollars en 2018 selon le National Philantropic Trust , rencontrent un grand succès aux Etats-Unis : l’argent placé est immédiatement défiscalisé, sans avoir à être tout de suite affecté.

De Vanguard à Goldman Sachs en passant par Schwab, tous les grands acteurs financiers gèrent des DAF, et certains assurent que les affectations de dons ont déjà progressé. Vanguard Charitable pointait ainsi fin avril une hausse de 52 %, mais sans préciser le montant. Pour amplifier le mouvement, une campagne intitulée #HalfMyDAF a été lancée pour inciter les riches particuliers à flécher la moitié de leurs fonds d’ici à fin septembre.

Un collectif de philantropes a aussi proposé au Congrès d’imposer aux fondations de doubler en trois ans le taux annuel de versement obligatoire de leurs fonds, à 10 % contre 5 % aujourd’hui. Et d’appliquer ce nouveau taux aux DAF. « Ce simple changement permettra au Congrès d’injecter plus de 200 milliards de dollars dans l’économie au cours des trois prochaines années, selon les estimations de l’Institute for Policy Studies, le tout sans dépenser un seul dollar de l’argent des contribuables », plaident-ils .



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