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Finance

Europcar, première restructuration d’un bénéficiaire de prêts garantis par l’Etat



Publié le 9 sept. 2020 à 6:36

Plus de 115 milliards d’euros de prêts garantis par l’Etat (PGE) dans plus de 560.000 entreprises, et déjà un premier bénéficiaire en difficultés. Quatre mois à peine après avoir décroché 220 millions d’euros de PGE, le loueur de voitures Europcar a déclaré lundi soir vouloir ouvrir une procédure amiable pour restructurer ses plus de 2 milliards d’euros de dette. Mardi, le cours a dévissé de près de 40 %. La société doit convaincre ses créanciers d’engager le dialogue, avec des abandons de créances à la clé.

De manière générale, répond le Comité interministériel de restructuration industrielle (CIRI),« il n’y a pas eu d’erreur manifeste d’analyse faite par les banques lors de l’octroi des PGE ou de la part de la puissance publique, même dans l’urgenceLes prêts qui devaient être accordés l’ont été. Les perspectives économiques et de plan d’affaires n’étaient simplement pas les mêmes au printemps ».

L’annonce jette cependant le trouble. Jusqu’à présent, les banques semblaient être parvenues à imposer leurs conditions pour viabiliser les entreprises qui se verraient octroyer de nouvelles lignes de PGE : un adossement à But dans le cas de Conforama , un rejet dans le cas de Courtepaille, qui a du coup été mis en vente, un refus pour les anciennes Pages Jaunes (Solocal) suite à la décision de ses actionnaires de ne pas injecter assez de capital.

Le revers d’Europcar sera donc suivi de près. A peu près tout ce que compte la place bancaire d’établissements français et étrangers est impliqué dans le PGE (Bank of America, Goldman Sachs, HSBC, ING, Crédit Mutuel, BNP Paribas, Credit Agricole, Credit du Nord, CIC, Deutsche Bank, Natixis, Société Générale). De son côté, l’Etat s’est porté garant à 90 % de la ligne.

Les obligataires, premiers exposés

« Les banques ne peuvent pas refuser de négocier en cas de restructuration au motif que leur exposition finale aux PGE ne serait que de 10 %. Par construction, elles ont participé à la mise en place de ces prêts garantis parce qu’elles étaient des créanciers historiques de l’entreprise », souligne-t-on au CIRI.

De sources concordantes, les investisseurs obligataires, qui sont exposés à hauteur de 1,05 milliard d’euros, sont les moins bien protégés. Viennent ensuite les banques, qui ne seront appelées qu’en deuxième ou troisième position, sachant que celles ayant participé au PGE de 220 millions d’euros seraient dans l’immédiat préservées sur cette ligne.

Le rôle d’Eurazeo risque de poser question. Pourquoi le premier actionnaire à hauteur 29,8 % et présent au capital depuis 2006, n’a-t-il pas réinjecté du capital pour remettre la société à flot, après l’échec des discussions avec Volkswagen et la saison estivale moins porteuse que prévu ? Le holding a-t-il exigé un prix trop élevé de la part d’acquéreurs potentiels ? « Avec le Covid, la priorité des candidats était tout simplement ailleurs et le manque de visibilité était total », répond un proche.

Garantie d’Eurazeo

Lors du PGE, Eurazeo a fourni une garantie de 20 millions d’euros supplémentaire sur une ligne de crédit bancaire. En 2012, le holding avait injecté quelque 90 millions d’euros dans le cadre de la renégociation de la dette d’Europcar, trois ans avant son introduction en Bourse pour une valorisation de 1,7 milliard d’euros.

Cependant au CIRI on montre sa vigilance : « Il est important que les efforts soient partagés systématiquement par les actionnaires, de même que les autres parties », prévient-on.



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