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Economie

Face aux sécheresses à répétition, les agriculteurs s’inquiètent


Cet été encore, les agriculteurs manquent d’eau. Après un été 2019 particulièrement sec, la sécheresse sévit à nouveau sur une grande partie de l’Hexagone. Vendredi, 68 départements faisaient l’objet d’arrêtés préfectoraux imposant des mesures de restrictions d’eau sur tout ou partie de leur territoire.

La région Bourgogne-Franche-Comté est particulièrement concernée par les températures élevées et le manque de pluie, qui entraînent la baisse du niveau des cours d’eau et l’assèchement des sols. À tel point que plusieurs secteurs de Saône-et-Loire et de Côte-d’Or ont été déclarés en situation de «crise» par leurs préfectures respectives. Seuls les usages domestiques sont ainsi autorisés dans ces secteurs, notamment ceux prioritaires répondant à la santé, la salubrité publique, la sécurité civile et l’alimentation en eau potable de la population.

Carte des arrêtés de restrictions d’eau au 31/07/2020 Propluvia, ministère de la Transition écologique.

L’élevage du charolais menacé

Dans le département de Saône-et-Loire en particulier, les agriculteurs s’inquiètent. Notamment les éleveurs de vaches charolaises dont l’élevage, pratiqué sur des prés naturels non irrigables, est totalement dépendant de la pluviométrie. La sécheresse est devenue si régulière qu’elle menace leur avenir. «Le surcoût du fourrage est de 15 à 30.000 euros, soit à peu près l’ensemble des revenus annuels moyens d’un éleveur, qui est de 15.000 euros», explique à l’AFP Christian Bajard, président du syndicat agricole FDSEA du département. «Comment on fait pour vivre avec ça ? Ça va finir par faire disparaître des exploitations», avertit le syndicaliste. En quatre ans, le nombre de têtes de charolais est passé de 230.000 à moins de 200.000 dans le département.

Face aux sécheresses à répétition, le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, a proposé de «simplifier un peu les procédures» pour permettre aux agriculteurs de construire des retenues d’eau. «Il faut parfois sur des territoires faire des retenues d’eau un peu plus massives et ça, dans notre pays, ça prend huit à dix ans parce qu’on a une palanquée de recours toujours plus forts», a déploré le ministre vendredi matin au micro d’Europe 1.

Les conflits d’usage se multiplient

Soulignant le «non-sens» de recevoir «beaucoup d’eau» en hiver et d’en manquer l’été, le ministre entend «soutenir et trouver des solutions pour permettre d’avoir de l’eau l’été en captant l’eau de l’hiver». Dans le cadre du plan de relance en négociation, il prévoit un «soutien financier» afin notamment d’aider les éleveurs à mieux s’équiper pour capter cette précieuse eau de pluie. «Dans le plan de relance on va faire ces modernisations quand elles sont nécessaires», précisant qu’il s’agit généralement de «petits montants».

Les demandes d’agriculteurs de stocker l’eau pendant l’hiver se heurtent parfois à l’opposition d’associations environnementales, qui prônent une adaptation des pratiques agricoles au réchauffement climatique et des cultures moins gourmandes en eau. En juin, un rapport parlementaire soulignait que l’eau générait en France «convoitise et concurrence, parfois de façon intense», notamment en agriculture, avec des «conflits d’usage» qui se multiplient. Sur le bassin Aquitaine, 21 projets de retenues d’eau sur 34 étaient en contentieux judiciaire, et 31 sur 60 sur le bassin Loire-Bretagne, selon ce rapport.



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