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Economie

Face aux sénateurs américains, Facebook et Twitter défendent leur gestion de l’élection


Pour la deuxième fois en moins d’un mois, les PDG de Facebook et Twitter ont dû répondre aux questions des sénateurs américains sur la gestion de la désinformation par leurs plateformes pendant l’élection présidentielle. Pendant cinq heures, Mark Zuckerberg et Jack Dorsey ont subi les assauts des Républicains, qui s’estiment injustement censurés sur leurs réseaux sociaux.

L’audition, qui s’est tenue deux semaines après l’élection, avait été réclamée par les sénateurs républicains suite au blocage par Twitter et Facebook d’un article controversé du New York Post sur Hunter Biden, le fils du président élu Joe Biden. Ils les accusent d’avoir fait preuve d’un biais politique envers les Démocrates, en limitant la diffusion d’un article dommageable pour Joe Biden publié par le New York Post.

Suite à l’élection, des messages de Donald Trump et ses soutiens, qui refusent de concéder la victoire de Joe Biden, se sont vus flanqués d’un avertissement. En tout, 300 000 tweets ont été épinglés par Twitter. Et Facebook a supprimé le groupe Stop the steal, qui réunissait des utilisateurs remettant en cause le résultat de l’élection.

Cela a ravivé les critiques des Républicains, qui y voient la preuve d’une préférence pour Joe Biden de ces entreprises issue de la très démocrate Silicon Valley. Questionné par la sénatrice républicaine Joni Ernst sur les préférences idéologiques de ses employés, Mark Zuckerberg a ironisé en répondant que le télétravail dû au Covid-19 va lui permettre d’employer des profils plus divers.

Mais les Démocrates, qui avaient été prompts à dénoncer une mascarade lors de l’audition d’octobre, ont également fait part de leur inquiétude concernant la prolifération de fausses informations et de discours de haine sur ces plateformes. Le sénateur Christopher Coons a notamment envoyé une lettre cosignée par une douzaine de ses collègues, où il demande au PDG de Facebook de limiter la haine contre les musulmans sur sa plateforme.

Encadrer la modération

Le cœur du débat est une loi de 1996, la Section 230 du Communications Decency Act. Elle exempte les plateformes de toute responsabilité juridique sur les contenus qui y sont partagés, et les laisse libres de modérer ces derniers comme ils l’entendent. Les Démocrates comme les Républicains veulent réformer ce texte, mais pas de la même manière.

Les Républicains estiment qu’il investit les réseaux sociaux d’un trop grand pouvoir en les laissant choisir qui y a droit de cité. «Nous permettons à des entreprises privées, devenues de fait des forums publics, de réguler la parole, s’est indigné le sénateur républicain John Cornyn. Je n’ai pas plus envie de vous déléguer ces décisions que je ne voudrais vous laisser voter à ma place

Les Démocrates pensent au contraire qu’il faudrait contraindre Facebook et Twitter à combattre plus agressivement la désinformation et les discours de haine qui y sont échangés. En face, les plateformes mettent en garde contre un cadre juridique trop contraignant, dont ils estiment qu’il porterait atteinte à la liberté d’expression de leurs utilisateurs.

«Nos règles ne sont basées sur aucune idéologie, a insisté Jack Dorsey. Nous croyons fermement dans l’impartialité et nous appliquons les règles de Twitter équitablement.» Le PDG de Twitter n’est cependant pas imperméable à une réforme de la Section 230. Parmi ses suggestions, plus de transparence sur le processus de modération, la possibilité pour les utilisateurs de faire facilement appel des décisions des modérateurs mais aussi un encadrement des recommandations algorithmique. Le patron de Facebook Mark Zuckerberg a également réclamé une clarification des lois qui encadrent les plateformes.

Les questions des sénateurs ne se sont pas limitées au cadre prévu par l’audition. Les risques d’addiction aux réseaux sociaux ont ainsi été abordés par le sénateur républicain Lindsey Graham, qui a notamment recommandé à Mark Zuckerberg et Jack Dorsey le visionnage du documentaire Netflix Derrière nos écrans de fumée . L’usage des données personnelles des utilisateurs à des fins électorales, une question sensible depuis le scandale Cambridge Analytica, a également été questionné par les sénateurs démocrates.





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