Image default
Economie

Faut-il décompter le temps de parole d’Éric Zemmour ? Le CSA a déjà répondu non


Le président du CSA a pris position très clairement sur le sujet.

Dans une interview à L’Opinion et sur France Inter, l’eurodéputé LREM Stéphane Séjourné se demande s’il faut décompter le temps de parole d’Éric Zemmour quand il s’exprime sur CNews dans celui d’un parti politique.

La question agite le Paysage audiovisuel français (PAF), depuis que les chaînes d’information organisent des débats d’opinion entre journalistes-chroniqueurs de différents bords.

Interrogé sur cette question par Le Figaro en janvier 2021, Roch-Olivier Maistre, le président du CSA a très clairement répondu. Dans un premier temps, il pose le débat : «La France est un vieux pays de débat. Il est naturel qu’il s’exprime dans tous les médias, même de façon vive, voire polémique. Où se manifesterait-il, sinon ? Restreindre le débat est toujours une forme d’amputation de notre vie démocratique». Puis Roch-Olivier Maistre prend position : «C’est l’occasion pour moi de rappeler que notre mission première, en tant que régulateur, est de garantir la liberté d’expression et la liberté éditoriale des médias. On se tourne souvent vers nous sur le thème : ‘Mais que fait le CSA ?’. Je le dis sans ambages : ce n’est pas nous qui faisons les programmes des antennes et le CSA n’est pas le tribunal de l’opinion. Dans la période que nous traversons, garantir la liberté d’expression, ‘l’un des biens les plus précieux de l’humanité’, est une responsabilité éminente alors que les intolérances et les radicalisations s’expriment parfois sous les formes les plus violentes.»

La réponse est donc très claire : le CSA ne décomptera pas le temps de parole des chroniqueurs dans celui des partis politiques. Ce n’est pas le rôle qui lui est assigné par la loi audiovisuelle de 1986.

Ce n’est pas au CSA d’attribuer une couleur politique à tous les chroniqueurs de toutes les sensibilités politiques qui s’expriment dans tous les médias.

La loi de 1986 donne au CSA le rôle de garant de la liberté d’expression et du respect du pluralisme dans les médias audiovisuels.

La liberté d’expression

Elle est garantie et strictement encadrée par la loi. Pour la presse c’est la loi de 1881, pour l’audiovisuel c’est la loi de 1986. Dans les deux cas, la liberté d’expression est garantie mais la loi interdit les propos incitant à la haine raciale, à l’antisémitisme et à l’apologie des crimes de guerre. Un chroniqueur qui proférerait de tels propos relèverait de la justice. Et cela entraînerait aussi la responsabilité de l’éditeur de presse ou audiovisuel qui publierait ces propos. L’éditeur de presse serait responsable devant la justice (17ème chambre du tribunal de paris) et l’éditeur audiovisuel le serait devant le CSA.

Le respect du pluralisme d’expression

Pour la presse, le respect du pluralisme est considéré sur l’ensemble de la presse. L’objectif est que les Français puissent trouver dans un même kiosque tous les journaux reflétant toutes les sensibilités politiques de l’extrême gauche à l’extrême droite. Ces journaux n’ont pas l’obligation d’être pluralistes dans leurs lignes éditoriales. Celles du Monde, de Libération, du Figaro, de L’Opinion, de L’Express, de l’Obs ou de Valeurs actuelles sont différentes et cela reflète la diversité de la presse. Toutefois, la loi Bichet de 1947 accorde à chaque titre le droit automatique d’être proposé à la vente sur tous les points de vente existants. Elle assure donc le libre accès des Français aux différents journaux.

Pour l’audiovisuel le respect du pluralisme est évalué d’une manière radicalement différente. La loi de 1986 exige que chaque média radio et télé respecte le pluralisme sur son antenne avec le respect du temps de parole des partis politiques selon le principe d’équité en temps normal et le principe égalité du temps de parole en période de campagne électorale.

La maîtrise de l’antenne

Les chaînes de télévision et les radios, doivent donc sur leur antenne, faire vivre ce pluralisme, en invitant des responsables politiques de chaque parti. Pour les chroniqueurs, ils doivent également veiller à une diversité d’expression. Et quand l’un de ces chroniqueurs professe des propos tombant sous le coup de la loi, il est passible de poursuites judiciaires. Si ses propos sont inexacts ou tendancieux, alors l’animateur des débats est tenu à un devoir de maîtrise de l’antenne. Il doit corriger immédiatement les propos du chroniqueur. Ce principe est inscrit dans l’article 2-2-1 sur la responsabilité éditoriale de la convention que chaque média audiovisuel signe avec le CSA. En cas de non-maîtrise de son antenne, le média encourt une mise en garde de la part du CSA, puis une mise en demeure, et enfin une sanction en cas de récidive.

À VOIR AUSSI – Non Stop People – Eric Zemmour : Laurent Ruquier prêt à retravailler avec lui ? Il répond



Source link

Autres articles

Maserati mise sur le tout électrique et une «Supercar» pour se relancer

administrateur

Hausse historique de 7,1% du nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A en mars

administrateur

La fermeture des bars et restaurants d’Aix et Marseille confirmée par le tribunal

administrateur

Après avoir conquis les citadins, la livraison de plats de restaurants arrive à la campagne

administrateur

un manque à gagner de 4,5 millions d’euros pour les Restos du Cœur

administrateur

Une vidéo violente montrant une décapitation a bien circulé sur TikTok

administrateur