Image default
Economie

Feu vert des autorités britanniques à l’entrée d’Amazon au capital de Deliveroo


Amazon va renforcer sa présence dans un marché en plein essor qui suscite bien des convoitises. Ce mardi, l’Autorité britannique de la concurrence – la Competition and Markets Authority, ou CMA – a donné son feu vert pour que le géant américain puisse prendre une participation de 16% au capital d’un des leaders mondiaux de la livraison de repas à domicile, le britannique Deliveroo.

En décembre dernier, la CMA avait conclu, à l’issue d’une première enquête, qu’il y avait une «perspective bien réelle» que l’entrée d’Amazon au capital de Deliveroo puisse nuire à la concurrence, par exemple en poussant le groupe américain à éviter de développer davantage son activité de livraison d’épicerie via sa plateforme ou en le décourageant de lancer son propre service de livraison de repas. L’autorité avait donc décidé de lancer une deuxième enquête, dite de «phase 2», afin de vérifier les problèmes soulevés par cette prise de participation.

Durant cette deuxième partie, Deliveroo a toutefois mis en garde contre les conséquences d’un refus de l’autorité, avertissant qu’elle ne disposait pas de suffisamment de capitaux pour tenir financièrement sur la durée. Sans l’appui d’Amazon, l’entreprise serait donc dans une situation intenable : le coronavirus avait «un impact grave sur l’activité de Deliveroo», précise l’Autorité, qui avait alors donné provisoirement son accord sur cette base.

Depuis, la situation financière de la plateforme britannique s’est améliorée, devenant «bien meilleure que prévu» grâce au redressement de l’activité au Royaume-Uni. La CMA a cette fois-ci confirmé son accord, en expliquant que «ce niveau d’investissement (de 16%) ne réduirait pas sensiblement la concurrence dans l’un ou l’autre des marchés», tant de la livraison de repas que celle de livraison de produits de consommation courante. En outre, l’arrivée d’Amazon ne devrait pas non plus représenter un risque pour les consommateurs.

L’Autorité précise cependant qu’elle reste attentive à l’évolution du marché et que toute participation renforcée d’Amazon susciterait à nouveau une enquête approfondie.

Un marché particulièrement intéressant pour Amazon

L’arrivée d’Amazon chez Deliveroo n’est pas anodine : le Royaume-Uni est le troisième marché du géant américain en termes de ventes nettes, et le pays représente le premier marché de la plateforme de livraison de repas et le premier marché européen dans ce secteur. «Le Royaume-Uni est un marché important et attrayant pour Amazon en raison des niveaux élevés d’adhésion Prime», et le groupe dirigé par Jeff Bezos montre «un intérêt mondial continu pour la livraison de nourriture dans les restaurants en ligne», souligne l’Autorité dans ses conclusions.

«C’est une nouvelle fantastique pour nos clients britanniques et les restaurants, pour l’économie britannique», s’est félicitée l’entreprise britannique à l’annonce de la décision de la CMA. Deliveroo se dit «très heureux qu’Amazon, l’entreprise la plus innovante et la plus tournée vers le client au monde, souligne par ce choix d’investissement la confiance qu’elle place dans Deliveroo et dans ses perspectives de croissance». L’argent obtenu lors de la prise de participation permettra de financer trois priorités, précise l’entreprise : «rendre un service hyper-personnalisé à ses clients», développer son «concept pionnier de cuisines fonctionnant exclusivement en livraisons» et construire de «nouveaux outils technologiques pour aider les restaurants à s’adapter et à réussir, en cette période de changements sans précédent».

La livraison de repas reste un marché en plein essor, qui connaît de larges mouvements. Le mois dernier, l’autre géant du secteur, Uber, a racheté l’application Postmates pour 2,65 milliards de dollars. Cette transaction vise à compenser l’effondrement de son activité de VTC, en capitalisant sur son service Eats. En Europe, de même, Just Eat a récemment acquis Takeaway, avant de s’emparer également de Grubhub.

Amazon avait, de son côté, déjà tenté de percer dans le marché de la livraison de repas, en lançant, en 2015, Amazon Restaurants. Disponible dans plusieurs villes américaines, ce service avait échoué à s’implanter au Royaume-Uni, et le titan du e-commerce avait finalement arrêté son service en 2019. Très concurrentiel, le marché était venu à bout des efforts du groupe.



Source link

Autres articles

Ansamb, l’application StopCovid pour l’île de la Réunion

administrateur

Pompili signe «l’appel des coquelicots» contre les pesticides de synthèse

administrateur

Ce que la «vague verte» va changer pour l’immobilier

administrateur

Renault envisagerait de fermer plusieurs sites en France

administrateur

Maîtres d’hôtels, cuisiniers…. les «extras» de la restauration appellent le gouvernement à l’aide

administrateur

les syndicats dénoncent un «effet d’aubaine» avec la pandémie

administrateur