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Economie

Google sanctionné pour avoir attribué ses propres étoiles aux hôtels français


Il devra payer une amende de 1,1 million d’euros pour avoir distribué aux hôtels des étoiles sans lien avec la notation française encadrée par l’État.

Google va devoir passer à la caisse. Le géant californien va débourser 1,1 million d’euros pour avoir attribué jusqu’en septembre 2019 ses propres étoiles aux hôtels français, en utilisant un algorithme créé de toutes pièces. Or, dans le pays, la notation des hôtels est encadrée par Atout France, une agence de développement touristique sous contrôle de l’État. Mis au fait de ces pratiques par la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF), le procureur de la République de Paris a donc jugé Google responsable d’une «pratique commerciale trompeuse» et mis la société à l’amende.

«Une enquête de la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF), initiée en 2019, a permis de démontrer le caractère trompeur du classement des hôtels par Google, notamment sur son moteur de recherche, écrit la DGCCRF dans un communiqué. Les sociétés Google Ireland Ltd et Google France ont corrigé leurs pratiques et, après accord du procureur de la République de Paris, ont accepté de payer une amende de 1,1 million d’euros dans le cadre d’une transaction pénale.»

Classement trompeur

La DGCCRF avait été saisie par plusieurs plaintes d’hôteliers, qui dénonçaient un «affichage sur Google d’un classement trompeur des hébergements touristiques». Il ne s’agit pas ici de la note moyenne donnée aux hôtels par les utilisateurs de Google, note qui apparaît en premier lieu lorsqu’un internaute cherche un établissement sur le moteur de recherche. Cette note-là existe encore aujourd’hui et ne correspond évidemment pas au classement officiel. En revanche, une fois arrivé sur la fiche Google d’un hôtel, l’internaute aperçoit une mention «Hôtel de tourisme X étoiles». C’est bien cette mention qui a valu une amende à Google pour avoir jusqu’en septembre 2019 «substitué au classement Atout France une classification établie selon ses propres critères». Selon Google qui détaille cette classification sur cette page, cet algorithme prenait en compte différentes sources dont les retours de partenaires tiers ou d’hôteliers, les recherches faites sur Google et l’agrégation des caractéristiques de l’hôtel comme le prix, la localisation ou la taille des chambres.

Pour faire son enquête, la DGCCRF avait comparé ces «étoiles Google» aux notations officielles d’Atout France dans plus de 7500 établissements du pays, et selon elle, cette classification prête «grandement à confusion» par sa présentation et par «l’utilisation identique du terme ‘étoiles’ selon la même échelle allant de 1 à 5, pour classer les hébergements touristiques».

«Cette pratique était particulièrement dommageable pour les consommateurs, trompés sur le niveau de prestations auxquels ils pouvaient s’attendre au moment de réserver un hébergement, poursuit la DGCCRF. Il en résultait également un préjudice pour les hôteliers dont les établissements étaient présentés à tort comme moins bien classés que dans le classement officiel d’Atout France.» En 2020, la DGCCRF avait donc transmis au parquet de Paris les conclusions de son enquête, et celui-ci avait «proposé aux sociétés Google Ireland Ltd et Google France une transaction comprenant le paiement de la somme de 1,1 million d’euros». Amende acceptée par Google, qui avait donc déjà changé ces pratiques après le début de l’enquête en septembre 2019.



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