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Economie

grâce aux restaurants, les carnets de rappel numériques en plein boom


Les clients des restaurants situés dans les zones en alerte maximale commencent déjà à s’y faire : avant de commander, ils doivent inscrire leurs noms, prénoms et numéros de téléphone dans un carnet de rappel. Ce dispositif destiné à aider dans la lutte contre le Covid-19 est obligatoire depuis mardi pour tous les établissements ouverts à Paris et sa petite couronne, ainsi que dans la région d’Aix-Marseille.

Si une personne tombe malade, l’Agence Régionale de Santé (ARS) peut ainsi demander aux restaurants dans lesquels elle a mangé de lui communiquer la liste des clients présents au même moment et se charge de les contacter.

Dès l’annonce de cette mesure, des start-up ont immédiatement commencé à travailler sur des outils destinés à faciliter la tâche des restaurateurs. C’est le cas de Surprise, un éditeur de services aux commerces qui a conçu Bonjour Menu, un système de menus numériques accessible depuis un téléphone portable grâce à un QR code. Gratuit, il est utilisé par 1.500 restaurants, majoritairement français.

Désormais, ces mêmes QR codes permettent d’accéder à une page web sur laquelle les clients d’un restaurant peuvent inscrire leurs coordonnées, qui sont directement transmises à l’établissement. «Nous avons commencé à le développer lundi midi, et il était prêt mardi midi», explique la PDG de Surprise, Sarah-Diane Eck. Pour les restaurateurs, il s’agit d’une alternative numérique aux carnets papiers. Il s’agit tout d’abord de leur simplifier la vie

Même réactivité chez Guestonline, une plateforme de réservation en ligne utilisée par près de 2.000 restaurants en France et dans le monde. Pour 30 euros par mois, elle propose désormais une fonctionnalité de carnet de rappel. «Une partie de l’outil était déjà en place, explique son directeur général Antoine Girard. Il permet désormais de récupérer les coordonnées de tous les convives

Au moment de réserver, les clients d’un restaurant sont donc invités à renseigner leurs coordonnées, ainsi que celles des personnes qui l’accompagnent. Mais Antoine Girard espère que les établissements qui ne pratiquent pas les réservations adopteront également son outil : «on s’attend à une accélération très forte des demandes puisque c’est obligatoire».

Skeat, une plateforme qui permet de passer commande à table via un QR code a également développé un outil de carnet de rappel. «Nous avons intégré un formulaire dans le parcours de commande. Les restaurants ont accès aux données via le back-office», détaille le PDG de Skeat, Marc Sarfati. Pour le moment, cette solution est uniquement accessible aux clients de Skeat, qui revendique plusieurs centaines de partenaires en France. «70% de nos clients parisiens ont adopté cet outil», se félicite Marc Sarfati. Si la tendance se maintient, on pourra proposer une solution de manière globale».

Des solutions imparfaites

Pour le délégué général du Groupement national des indépendants (GNI) Franck Trouet, les carnets de rappel numériques ne sont pourtant pas la panacée. «Les solutions numériques ne conviennent pas à tout le monde, explique-t-il. Cette nouvelle règle concerne autant les palaces que les petites brasseries de quartier. Or ces dernières ne maîtrisent pas forcément ces outils

Franck Trouet regrette que les Français n’aient pas davantage adopté l’application de traçage StopCovid. Lancée en juin par le gouvernement, elle n’a pas dépassé les 3 millions de téléchargements. «C’est l’application idéale! Si tout le monde avait téléchargé StopCovid, on n’aurait pas de problème aujourd’hui, argue-t-il. Maintenant on se retrouve à faire la même chose avec des bouts de ficelle

«Les systèmes qui utilisent les QR codes ne permettent pas de tracer tous les clients, abonde le PDG de Guestonline, Antoine Girard. Si l’on n’est pas capable de faire une vraie traçabilité complète, c’est de la poudre aux yeux.» Ce dernier argue que son système est plus efficace, puisqu’il incite les restaurants à récolter les coordonnées des clients en intégrant cette démarche au processus de réservation.

Danger pour les données

Si les carnets de rappel sous format papier utilisés par certains restaurants peuvent donner des sueurs froides aux personnes soucieuses de la sécurité de leurs données personnelles, certains outils numériques ne sont également pas exempts de reproches. La Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) a publié mercredi ses recommandations concernant ces dispositifs. Elle préconise notamment de ne demander qu’un seul moyen de contact et de détruire les données récoltées au bout de 14 jours. Deux points que Skeat a dû corriger dans son outil. Bonjour Menu avait également prévu un délai de conservation de 30 jours, divisé depuis par deux.

La Cnil a également précisé que les données récoltées doivent l’être de façon sécurisée. «Les informations renseignées par les clients ne doivent pas être accessibles et consultées par l’ensemble du personnel de l’établissement, mais uniquement à des personnes spécifiquement identifiées», indique-t-elle. Sur ce point, Guestonline se distingue, puisque les coordonnées enregistrées dans son carnet de rappel numérique ne sont pas visibles par les restaurateurs. «Même sur nos serveurs, les données récoltées dans le cadre du carnet de rappel sont complètement séparées des autres», vante Antoine Girard. C’est Guestonline qui se charge de les transmettre à l’ARS en cas de demande.

Chez Skeat et Bonjour Menu, les numéros de téléphone des clients sont plus accessibles, ce qui peut donner lieu à des abus. En Allemagne, des restaurateurs peu scrupuleux en ont profité pour élargir leur fichier client, note le Spiegel.

«On informe les restaurateurs que ces données ne peuvent pas être utilisées à des fins commerciales, rassure Sarah-Diane Eck. Mais il ne faut pas tomber dans une paranoïa excessive. La plupart des failles de sécurité sont dues à la négligence.» Skeat a également intégré des messages de prévention à son outil.



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