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Economie

« Il faut autoriser les visites pour débloquer la chaîne du logement »


Comment s’organise la FNAIM et l’ensemble de ses adhérents durant cette nouvelle période de « reconfinement » ?

Dès l’annonce du Président de la République, l’ensemble de la Fédération est repassée en télétravail comme au printemps dernier. Les agences ont dû fermer leurs portes au public, mais continuent de fonctionner. Nous sommes tournés à 100% vers nos adhérents qui ont besoin d’être accompagnés et soutenus dans cette nouvelle épreuve et nous nous efforçons au mieux de les aider à traverser cette crise. D’une part, nous nous assurons de porter leur voix auprès des pouvoirs publics. D’autre part, nous sommes à leurs côtés pour les guider dans les aides auxquelles ils ont droit, leur fournir les outils, notamment les protocoles sanitaires nécessaires pour réaliser au mieux leurs missions dans cette période. Notre école de formation, l’École Supérieur de l’Immobilier (ESI), assure désormais l’ensemble de ses cours en distanciel pour maintenir la formation des étudiants et des professionnels. 

Comment peuvent se dérouler les visites, les signatures et avec quels outils numériques ?

Concernant les visites physiques pour les particuliers, elles sont pour le moment interdites dans le parc de logements privé… alors qu’elles restent possibles dans le parc social et dans le tertiaire. Les professionnels déploient de nombreuses solutions virtuelles – visites 3D, vidéo ou par visioconférence – pour maintenir le lien entre les Français et leurs parcours immobiliers. Mais ce n’est aujourd’hui pas suffisant. Que ce soit pour la location ou a fortiori pour l’achat, on ne choisit pas son logement sans l’avoir visité.

En ce qui concerne les signatures des actes, les notaires, et c’est une bonne chose, ont retrouvé leur pleine capacité à faire des actes authentiques à distance, et peuvent accueillir le public si besoin. De même, les déménagements sont autorisés. L’ensemble permet de finaliser les dossiers en cours, mais si la visite n’est pas de nouveau rendue possible, cela ne permettra pas de maintenir une dynamique de marché.

Qu’attendez-vous concrètement du gouvernement ?

Nous avons 3 demandes principales. Tout d’abord, nous demandons un assouplissement des règles pour l’organisation des assemblées générales de copropriété afin de pouvoir les organiser plus facilement en visioconférence, sans quoi de nombreuses décisions risquent d’être bloquées.  Nous demandons également que soient rendues possibles les visites de biens pour les particuliers dans le cadre d’une acquisition ou d’une location. Nous sommes prêts à les mettre en place en suivant un protocole strict, dans la cohérence des protocoles édités en mai dernier. Enfin, nous demandons que soit réellement prise en compte la sinistralité du secteur de la location saisonnière, qui a fortement été éprouvée au printemps et cet été et dont la reprise s’annonce très lente et difficile, la saison d’hiver pouvant être également compromise.

Dans un communiqué de presse commun diffusé le 10 novembre 2020, La FNAIM, Plurience et l’UNIS rappellent que leurs adhérents sont prêts, que les protocoles sont en place pour que les visites se déroulent dans le plus strict respect de la sécurité sanitaire (voir ci-dessous).  Les organisations des professionnels de l’immobilier demandent solennellement que les visites de biens d’habitation du parc privé soient de nouveau autorisées, à partir du 15 novembre.

À quelles demandes êtes-vous confrontés depuis le début de la pandémie ?

Nos adhérents, et plus largement l’ensemble de la profession attend beaucoup de nous dans cette période d’incertitude et de flou. Là encore, nous avons une triple sollicitation. Les entreprises ont besoin d’une information de qualité de la part de leur syndicat patronal sur les aides et les dispositifs sociaux à leur disposition pour les aider à traverser la crise. Les adhérents sont également en attente d’un lobbying puissant, car ils ont besoin de reprendre leurs activités tout en respectant un cadre strict conforme aux protocoles sanitaires et nous sommes là pour porter ces revendications. Enfin, il est nécessaire que nous développions de façon accélérée la formation en ligne pour l’ensemble des professionnels, afin qu’ils soient en capacité de renouveler leur carte professionnelle.

Constatez-vous des évolutions dans les projets immobiliers des Français ? Ce second confinement va-t-il engendrer un attentisme ?

À ce jour, nous ne constatons pas d’évolution particulière. Nous constatons un attentisme de fait, les Français voient leurs projets immobiliers fortement ralentis si ce n’est bloqués, notamment du fait de l’impossibilité des visites physiques.

Selon vous, y-aura-t-il une baisse des prix ? Si oui, où, à quelle échéance et pour quel type de bien ?

Une baisse des prix semble en effet amorcée. Il est cependant trop tôt pour prévoir son ampleur et si elle s’inscrira dans le temps. Cela dépendra notamment de la durée du confinement, mais aussi de l’ampleur de la dégradation de l’économie. Nous allons avoir un vrai enjeu de financement des projets immobiliers. En ce sens, nous espérons une évolution des consignes du HCSF, qui nous paraît plus urgente que jamais. 

Lorsque l’on souhaite vendre ou acheter un bien immobilier, en quoi faut-il être particulièrement attentif en cette période si particulière ?

Concrètement, les fondamentaux d’un projet immobilier sont les mêmes. Une chose est sûre, aujourd’hui, il est difficile de se projeter dans un projet immobilier qui engage sur le long terme lorsque l’on fait face à tant d’incertitudes.

Le communiqué de presse de la FNAIM, l’UNIS et Plurience du 10 novembre 2020



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