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Economie

«Il faut qu’on augmente les salaires et qu’on arrête de fermer les hôpitaux!»


«Du fric, du fric pour l’hôpital public !». Les soignants ont manifesté leur colère partout en France ce mardi. Selon la CGT, plus de 250 rassemblements ont eu lieu comme à Paris, Toulouse, Lyon, Marseille ou encore Nantes.

18.000 personnes ont défilé dans la capitale, selon la police. La manifestation parisienne est partie du ministère de la Santé en direction de l’esplanade des Invalides peu après 14h. Dans la foule, de nombreuses blouses blanches et bleues, mais aussi quelques gilets jaunes. «On est là pour mettre un peu de pression sur le gouvernement afin que le Ségur de la Santé débouche sur quelque chose de concret en lien avec les demandes du terrain», a notamment expliqué Matthieu Lafaurie, infectiologue à l’hôpital Saint-Louis.

Des soignantes manifestent à Paris, devant les Invalides, le 16 juin 2020. Guillaume Poingt / Le Figaro.

Mobilisés depuis plusieurs mois, les soignants demandent toujours la revalorisation des bas salaires à l’hôpital, davantage de lits, de nouvelles embauches et une meilleure gouvernance entre les administratifs et le personnel soignant. Les slogans entendus durant la manifestation étaient particulièrement explicites. «Covid passé, soignants oubliés», «Hôpital asphyxié, au secours» ou encore «Sauvons l’hôpital public», pouvait-on lire sur des banderoles. «Du fric, du fric pour l’hôpital public !», ont aussi scandé les manifestants à plusieurs reprises pendant le parcours.

Des soignantes dans la manifestation parisienne. Le Figaro
18.000 personnes ont manifesté à Paris selon la police. Le Figaro

Les soignants n’étaient pas seuls dans le cortège. «On les applaudit, maintenant on descend dans la rue pour les soutenir», a soufflé Véronique, la soixantaine, en suivant le cortège. Comme elle, certains citoyens ont accompagné les soignants en guise de reconnaissance. Même constat à Toulouse où 7500 personnes se sont rassemblées, selon la police, dans une ambiance festive. Un cortège fourni est parti de la place Jean-Jaurès aux alentours de 14h. «On vous laisse les médailles, valorisez notre travail», «plus de lits en réa», pouvait-on lire sur les pancartes des blouses blanches et bleues.

Sandra, technicienne de laboratoire, était venue manifester pour la première fois. La jeune femme normalement en indisponibilité, a été rappelée et a dû travailler durant toute la crise. «On a travaillé dans des conditions atroces, on a eu des masques seulement le 11 mai ! On en a ras le bol», a résumé celle qui a récemment appris qu’elle ne pourrait pas bénéficier de la prime pour les soignants. Elena, aide-soignante au CHU de Purpan, n’en était, elle, pas à sa première mobilisation. «Il faut qu’on augmente les salaires et qu’on arrête de fermer les hôpitaux!». L’aide-soignante s’est réjouie par ailleurs du soutien dont a bénéficié la manifestation: «j’ai l’impression qu’il y a plus de monde que d’habitude».

Un manifestant récupère l’un des fumigènes utilisés par des pompiers. Le Figaro/Laura Andrieu
7500 personnes se sont mobilisées à Toulouse, selon la police. Le Figaro/Laura Andrieu

Plusieurs partis politiques se sont en effet joints à l’événement, comme la France insoumise, les Écologistes ou encore le Parti communiste. Les syndicats étaient également nombreux à réclamer plus de moyens pour l’hôpital public. Un groupe d’artistes de rue était aussi présent, des pancartes blanches d’un côté et noires de l’autre, à la main. «Il y a tellement de choses à dire qu’on ne sait plus quoi dire, a commenté Élise, pour expliquer la signification de sa pancarte. Alors, on demande aux gens ce qu’ils voudraient revendiquer». Les artistes se sont ensuite positionnés en queue de cortège pour manifester leur soutien au personnel soignant, comme ont également pu le faire quelques pompiers fumigènes rouges à la main.

Des artistes de rue ont rejoint la manifestation. Le Figaro/Laura Andrieu

À la fin de la manifestation, les soignants se sont rassemblés devant l’Hôtel-Dieu Saint-Jacques, où les syndicats auraient obtenu un rendez-vous avec le directeur de l’hôpital, selon Justine, une soignante mobilisée. «C’est là que se trouve la partie administrative du CHU, c’est pour ça qu’on termine nos manifestations ici».

La foule de manifestants devant l’Hôtel-Dieu Saint-Jacques à Toulouse. Le Figaro/Laura Andrieu

Des échauffourées ont ensuite éclaté en fin de mobilisation quand certains manifestants ont souhaité continuer à défiler. Des tensions ont éclaté entre les forces de l’ordre et les derniers manifestants, des personnes masquées et quelques «gilets jaunes», les blouses blanches se faisant de moins en moins nombreuses. À Paris, des incidents ont éclaté aux alentours de 15h, une fois sur l’esplanade des Invalides, entre environ 300 casseurs vêtus de noir et les forces de l’ordre. Les jets de projectiles – pavés, pierres, bouts de bois – ont duré environ 2h. Pendant ce temps-là, les soignants continuaient de donner de la voix, à l’écart des échauffourées. Ils se sont promis de redescendre dans la rue prochainement, s’ils n’étaient pas entendus.

Des rassemblements ont également eu lieu dans plusieurs autres villes françaises pour l’une des premières manifestations autorisées depuis la mise en place du confinement en mars. 6000 personnes se sont regroupées à Lyon, 5500 à Nantes, au moins 4000 à Bordeaux ou encore 3500 à Marseille.

À voir aussi – Soignants: la manifestation parisienne émaillée de violences



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