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Finance

Imbroglio à Wall Street autour de la cotation des entreprises chinoises



Publié le 6 janv. 2021 à 11:48Mis à jour le 6 janv. 2021 à 18:24

C’est la deuxième volte-face en trois jours. Après avoir décidé, le 31 décembre, de radier de la cote trois grandes entreprises de télécoms chinoises, la Bourse de New York (NYSE) était revenue sur sa décision quatre jours après … avant de rechanger son fusil d’épaule ce mercredi. China Mobile Communications, China Telecomunications et China Unicom (Hong Kong) seront donc bien radiés de la première place boursière mondiale le 11 janvier.

Mais près de deux mois après la publication du décret présidentiel américain qui interdit les transactions sur des entreprises accusées d’être mêlées au développement du complexe militaire chinois, l’incertitude demeure.

Le dernier revirement est basé sur « de nouvelles directives spécifiques reçues le 5 janvier, que le Bureau de contrôle des actifs étrangers du Département du Trésor a fournies au NYSE », a déclaré l’opérateur boursier mercredi.

Des milliards de dollars de valorisation perdus

La décision du NYSE de maintenir leur cotation, lundi, avait surpris et semé la confusion au Trésor et au Conseil national de sécurité, exaspérant l’administration Trump au plus haut niveau. Le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin a appelé le président du NYSE, Stacey Cunningham, pour exprimer son mécontentement.

« C’est très étrange que le NYSE se trompe à ce point », a déclaré Larry Tabb, analyste de Bloomberg Intelligence. « Leur équipe de marketing et de relations publiques a toujours été l’une des meilleures. C’est déjà assez mauvais d’opérer un virage à 180° sur ce sujet en une semaine, mais faire un retournement complet sur un mouvement aussi important si rapidement signifie soit qu’ils ont fait une énorme erreur, soit qu’ils ont subi une très forte pression extérieure ».

Les trois groupes chinois, cotés à New York et à Hong Kong, ont déjà perdu des milliards de dollars de valorisation depuis la publication du décret présidentiel le 12 novembre. Leurs actions étaient remontées en flèche mardi au lendemain de l’annulation de leur retrait de la cote avant de se replier de nouveau ce mercredi, suite aux rumeurs d’une nouvelle volte-face.

Investisseurs américains pénalisés

« C’est une opération mal gérée », avait déclaré Shang-Jin Wei, professeur de commerce et de finance chinois à la Columbia Business School plus tôt dans la journée. « Le but était de pénaliser ces entreprises et de pénaliser le gouvernement chinois. Le problème, c’est que ce sont finalement les investisseurs basés aux Etats-Unis qui sont pénalisés ».

Selon Bloomberg, les gestionnaires d’actifs et de patrimoine qui s’adressent aux épargnants américains figurent parmi les principaux détenteurs d’ADR (American depositary receipts) des trois sociétés. Ces « certificats » permettent aux entreprises internationales d’être cotées sur les marchés américains.

Si le président élu Joe Biden n’annule pas le décret de Donald Trump, les sociétés d’investissement et les fonds de pension américains seront tenus de vendre leurs participations dans les sociétés liées à l’armée chinoise d’ici au 11 janvier.



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