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Finance

Immobilier professionnel : quand le gendarme bancaire appelait à la prudence



Publié le 12 oct. 2020 à 16:40Mis à jour le 12 oct. 2020 à 17:08

Attention, boite noire. Si le marché des bureaux était chamboulé par le télétravail et la chute des surfaces utilisées, les banques – qui financent à la fois les promoteurs immobiliers et les grands investisseurs en quête de plateaux à louer – risqueraient-elles à leur tour des turbulences ?

L’an dernier, dans une étude, l’ACPR – le gendarme bancaire français – avertissait les banques. « Dans un contexte de maintien des taux d’intérêt à des niveaux très bas, qui peuvent conduire certains acteurs à accroître leur prise de risque, il convient que les établissements de crédit restent particulièrement prudents quant aux conditions dans lesquelles ils financent les professionnels de l’immobilier ».

Des données rares

Cette dernière avait levé le voile, fin 2019, sur l’exposition des banques aux acteurs professionnels de l’immobilier. Il s’agit de données relativement rares, car elles ne sont pas systématiquement suivies par la Banque de France, et font donc l’objet d’un coup de sonde « ad hoc ».

Selon cette étude, portant sur 2018, « l’exposition brute globale » des banques française à ces acteurs, investisseurs, promoteurs immobiliers… atteignait alors 203 milliards d’euros, un montant en hausse permanente depuis au moins dix ans.

De même, ces dix dernières années, tous les indicateurs montrent une forme de « chauffe » dans l’exposition des banques aux professionnels de l’immobilier, leur empreinte progressant à la fois en proportion de la taille de bilan des banques, et par les montants de financements accordés chaque année.

Ces montants méritent toutefois d’être relativisés : l’exposition de 203 milliards d’euros représente à peine 3,2 % de la taille de bilan des cinq principales banques du pays.

Loin derrière l’immobilier résidentiel

Les bureaux à proprement parler représentent 22 % de ce total (donc autour de 0,6 % du bilan des banques), fluctuant depuis cinq ans entre 20 et 25 %. La principale exposition reste l’immobilier résidentiel (31,3 % en 2018), les locaux commerciaux tournant autour de 16 % des expositions.

Autrement dit, les banques universelles « à la française » sont si grandes et si diversifiées, que l’immobilier de bureaux serait dilué dans le reste… sauf en cas de crise plus généralisée, où les bureaux ne seraient que le symptôme d’une crise plus vaste.

Par ailleurs, les grandes banques sont aussi de très grands assureurs … et via cette activité détiennent des actifs immobiliers, perçoivent des loyers, et cela afin de rémunérer les millions d’épargnants ayant souscrit à leur contrat.

Il s’agit là encore d’une autre forme d’exposition, mais un moindre intérêt pour les bureaux pourrait rendre la rémunération de l’épargne toujours plus complexe.



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