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Economie

«Impossible d’envisager une saison blanche», affirme le patron du célèbre VIP à Saint-Tropez


Les professionnels se désolent de devoir encore rester fermés au moins jusqu’au 30 juin, sans aucune perspective au-delà de cette date.

«On ne les oublie pas, c’est très difficile pour eux», a commenté jeudi la ministre du Travail Élisabeth Borne. Les discothèques sont pourtant les grandes absentes du plan de déconfinement dévoilé par Emmanuel Macron. Contrairement aux bars et restaurants, elles resteront fermées au moins jusqu’au 30 juin, sans aucune perspective au-delà de cette date pour l’instant.

«C’est impossible d’envisager une nouvelle saison blanche», a réagi vendredi Jean-Roch Pedri, le patron du célèbre VIP à Saint-Tropez (Var). «Faire un discours où les discothèques n’ont pas de plan de vol ou de sortie, comment est-ce possible?», s’est emporté le DJ auprès de l’AFP, après l’annonce par Emmanuel Macron vendredi dans la presse régionale du calendrier de levée progressive des restrictions mises en place face au Covid-19. Jean-Roch Pedri s’est, notamment, indigné que le gouvernement ait annoncé la reprise des concerts pour l’été mais pas la réouverture de ces établissements de la nuit. «Je suis dans l’impasse et dans l’incompréhension totale. On valide des concerts avec une jauge de 1000 personnes et on ne peut pas rouvrir des clubs de 300 personnes!», a-t-il dénoncé. C’est «un coup de couteau dans le dos» abonde Matthieu Lebrun, porte-parole des gérants de boîtes de nuit de Normandie et dirigeant de la discothèque Le Milton dans la Manche. Ce professionnel ne comprend pas cette fermeture prolongée, estimant avoir été «fermé sans aucune étude scientifique».

Malgré la colère des professionnels du secteur, pas question de prendre le risque répond le gouvernement. «Aujourd’hui, les conditions sanitaires ne sont pas encore réunies pour leur permettre de rouvrir», a, ainsi, justifié Élisabeth Borne au micro de Radio classique ce vendredi, assurant que « ça fait partie des concertations qu’on aura la semaine prochaine ». Des propos que Matthieu Lebrun balaie d’un revers de la main : «Alain Griset (ministre délégué chargé des PME, ndlr) avait négocié une réouverture des discothèques mi-juillet avec moitié de jauge, mais Olivier Véran a mis son véto, comme d’habitude, s’agace-t-il. On veut que les collectifs soient reçus au ministère de la Santé ou parler au moins une fois avec le président de la République».

500 clubs ont mis la clé sous la porte

Le temps presse pour certains établissements, lourdement impactés par ces mois de fermeture et inquiets à l’idée de se voir à nouveau privés d’une saison estivale très lucrative. «Les deux tiers du chiffre d’affaires sont censés se réaliser entre mai et septembre inclus», indiquait le président du Syndicat national des discothèques et des lieux de loisirs (SNDLL), Patrick Malvaës, en août dernier.

Pour tenter de garder la tête hors de l’eau, les clubs ont pu souscrire des prêts garantis par l’État (PGE) et bénéficier d’une aide mensuelle égale à 20 % de leur chiffre d’affaires. Une compensation insuffisante puisque, selon Jean-Roch Pedri, 500 discothèques ont déjà mis la clé sous la porte depuis 2020. 1480 autres ont du personnel et attendent de pouvoir rouvrir et travailler. «Il y a quand même des trous dans la raquette. Actuellement, 10% à 15% des patrons sont obligés de remettre de l’argent personnel, estime, de son côté, Matthieu Lebrun. Ces aides nous permettent de soutenir la société, mais ce n’est pas une rémunération pour les gérants». Le secteur, qui devra encore se montrer patient, espère néanmoins pouvoir à nouveau faire danser son public au-delà du 30 juin.



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