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Economie

«J’ai le devoir de faire respecter l’ordre public économique», rappelle Le Maire


Le ministre de l’Économie est revenu sur la polémique qui a suivi son intervention dans le dossier Carrefour-Couche-Tard. Il assume un «droit de regard» de l’État sur certaines opérations.

«Nous n’avons fait qu’appliquer la loi». Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a défendu ce mercredi son choix d’intervenir directement dans les négociations entre Carrefour et le canadien Couche-Tard. «Dans un certain nombre de domaines, l’État a un droit de regard car nous considérons que ce sont des secteurs stratégiques. Dans ces secteurs, vous avez la distribution alimentaire», a-t-il réaffirmé sur le plateau de BFM Business.

Certains acteurs du secteur avaient jugé déplacée l’intervention du gouvernement dans cette opération entre deux entreprises privées. Intervention qui a abouti à l’abandon du projet de rachat. «Je préfère la solution retenue, celle de la coopération, la complémentarité, à un rachat sec», a affirmé Bruno Le Maire. «J’ai le devoir de faire respecter l’ordre public économique. Une chose majeure a changé avec la pandémie : il peut arriver que des biens alimentaires ne puissent plus circuler à travers la planète. Donc ma responsabilité, c’est de veiller à ce que la continuité de la chaîne alimentaire française soit garantie. Pour qu’elle soit sûre, il ne faut qu’il ne manque aucun maillon», a ajouté le ministre.

» À VOIR AUSSI – Échec du rachat de Carrefour: une bonne nouvelle ?

Le «déchirement» de l’État

Ce dernier est également revenu sur sa position dans le dossier sensible du rachat de Suez par Veolia. «J’ai tout fait pour que les choses se passent de manière amicale. Quand je vois qu’on va vers un accord durable et négocié, nous allons dans la bonne direction», a-t-il expliqué en référence à l’intervention d’un chevalier blanc au côté de Suez. «C’est ce qui permettra de préserver les emplois, la qualité industrielle de la gestion des eaux et déchets. Nous verrons ce que cela donnera».

Le ministre a regretté le «déchirement» de l’État dans ce dossier. «Nous nous sommes retrouvés juge et partie. Je n’aime pas ces déchirements. Je pense que l’État doit céder des participations», a-t-il assuré. «Le rôle de l’État dans l’économie, c’est de veiller à la défense de l’intérêt de la nation. Certains investissements dans des domaines stratégiques doivent être protégés. Je suis en revanche plus sceptique sur l’État actionnaire quand on n’est pas dans des domaines stratégiques», a expliqué Bruno Le Maire.

Air France sera encore soutenue

Interrogé sur le sort d’Air France, le ministre de l’Économie a confirmé que la compagnie aérienne continuerait à être soutenue «dans les mois qui viennent». Et il y a urgence: «Air France peut mourir, il n’y a pas d’exception. Air France est-elle stratégique ? La réponse est oui. C’est un élément de souveraineté», a jugé le ministre. Ce dernier explique travailler sur différentes «options» pour apporter un soutien financier à la compagnie en difficulté, le tout dans le respect des règles européennes. Ce soutien se fera néanmoins sous condition: «nous avons demandé à Air France de gagner en compétitivité et de devenir un exemple de compagnie durable».

Bruno Le Maire s’est également exprimé sur le cas de Sanofi. Le géant pharmaceutique français envisage de supprimer 400 postes dévolus à la recherche. «Nous attendons de Sanofi de confirmer qu’il n’y aura aucune fermeture de site, aucun licenciement sec et une clarification de la stratégie de développement dans la recherche et développement en France. Nous attendons des précisions sur ce dernier point», a expliqué le ministre.

Les espoirs portés par Joe Biden

Enfin, Bruno Le Maire a évoqué l’espoir que constitue l’arrivée de Joe Biden au pouvoir ce mercredi. «Je me réjouis de la nomination de Janet Yellen (au poste de secrétaire au Trésor, ndlr) car elle a dit que la taxe dans le digital pouvait rapporter aux États-Unis. C’est une première ouverture. Aujourd’hui, la négociation est bloquée uniquement à cause des États-Unis. Le jour où l’administration Biden donne son accord, nous aurons une taxe internationale, ce que nous avons toujours voulu», s’est enthousiasmé le ministre.

Ce dernier entend également résoudre le conflit Airbus-Boeing qui a déclenché des sanctions commerciales qui touchent durement certains secteurs français, comme le vin. «Il faut que nous réglions le cas Boeing-Airbus le plus rapidement possible. Personne n’a intérêt à poursuivre une guerre commerciale qui ne fait qu’un gagnant: la Chine», a-t-il expliqué. Le ministre français estime à ce titre que le continent européen doit «définir ses positions de manière souveraine». Il s’agit selon lui de l’enjeu du 21e siècle pour l’Europe. «C’est ça que nous devons bâtir», conclut Bruno Le Maire.



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