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Finance

Joe Biden veut freiner les fusions bancaires aux Etats-Unis



Publié le 14 juil. 2021 à 7:30

L’administration Biden veut brider la fièvre des fusions bancaires régionales aux Etats-Unis . Dans un décret signé vendredi, le président a exigé du département de la Justice et des régulateurs, dont la Réserve fédérale, qu’ils examinent désormais sévèrement ces transactions.

Aux yeux des défenseurs de cette réforme, notamment emmenés par la sénatrice Elizabeth Warren , les mariages entre banques régionales font monter les tarifs et commissions, et conduisent à réduire l’accès aux services bancaires des minorités et familles à faibles revenus.

Quelque 47 milliards de dollars de transactions ont été signés depuis janvier dans le secteur, plus que sur l’ensemble de l’année 2020. Parmi les opérations phares, figurent le rachat de Flagstar Bancorp par la New York Community Bancorp (2,54 milliards de dollars), ou encore de People’s United Financial par M & T Bank (7,6 milliards de dollars) .

Chute de 70 % du nombre de banques

Au total, quelque 10.000 établissements financiers ont disparu ces vingt dernières années dans le pays, soit une chute de 70 % causée en grande partie par des fusions-acquisitions, motive l’administration Biden.

En quinze ans, les régulateurs n’ont pas émis le moindre veto à l’encontre de tels rapprochements. Les comportements vont-ils changer, alors que les marchés spéculent sur l’éventuelle cession par BNP Paribas  de son réseau américain Bank of the West ?

Ce n’est pas certain. En 2016, un décret de l’administration Obama allait déjà dans le même sens, et n’a de fait pas eu d’effet. Surtout, la consolidation pourrait se poursuivre pour des raisons économiques. « Alors que les fusions au sein du marché américain très fragmenté sont une tendance depuis plusieurs décennies, nous considérons que la faiblesse des taux, les lentes perspectives de croissance des prêts et la compression des marges sur les commissions vont soutenir la consolidation », écrivait il y a deux mois l’agence de notation Fitch.

Faciliter le partage des données bancaires

De même, pour d’autres analystes, le décret présidentiel n’arrêtera probablement pas « le tsumani de fusions bancaires sur le long terme ».

A en croire certains, arrêter ce mouvement de consolidation ne serait d’ailleurs pas sans incidence. Selon une note de Wells Fargo, le danger serait en effet d’empêcher la constitution de concurrents capables de rivaliser face aux « plus grandes banques comme Bank of America, aux grandes sociétés de tech ou aux grandes banques étrangères, à l’instar des établissements chinois ». 

Le risque de fragiliser les banques de taille moyenne est d’autant plus fort que l’administration Biden veut engager une autre réforme : faciliter la mobilité des clients vers d’autres établissements, les acteurs non bancaires et ceux de la tech, en leur donnant davantage la main sur leurs données bancaires. A ses yeux, ce verrou empêche les nouveaux entrants d’offrir de bonnes conditions de crédit.

La secrétaire au Trésor Janet Yellen doit remettre un rapport sous neuf mois à la Maison Blanche évaluant l’impact de ces nouveaux venus sur la concurrence dans l’industrie financière.



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