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Finance

La Banque centrale européenne maintient le statu quo



Publié le 21 janv. 2021 à 13:46Mis à jour le 21 janv. 2021 à 13:47

Pour sa première réunion de politique monétaire de l’année, la Banque centrale européenne n’a pas adopté de nouvelles mesures. Ses taux directeurs restent donc à leurs niveaux historiquement bas : ils demeurent fixés à -0,5 % pour le taux de dépôt, à 0 % pour le taux de refinancement, et à 0,25 % pour celui de la facilité de prêt marginal. Pas de changement non plus pour les programmes d’achats d’actifs, au travers desquels la BCE inonde actuellement le marché de liquidités.

Ce statu quo était attendu . La banque centrale avait sorti l’artillerie lourde lors de sa dernière réunion , en augmentant de 500 milliards d’euros l’enveloppe consacrée à son programme d’achats « urgence pandémie » qui atteint désormais 1.850 milliards d’euros, et en le prolongeant jusqu’en mars 2022. L’institut monétaire avait également assoupli les conditions permettant aux banques européennes de se financer à taux négatif auprès de la BCE, via les TLTRO.

Pilote automatique

« Les annonces majeures faites le 10 décembre ont placé la politique monétaire en pilotage automatique, avec pour objectif de préserver des conditions financières très favorables et un bon fonctionnement du mécanisme de transmission, alors que l’économie de la zone euro traverse la dernière vague de restrictions et que la campagne de vaccination est déployée », confirment les stratégistes d’Unicredit.

De fait, dans les conditions actuelles, une nouvelle salve de mesure n’apparaît pas nécessaire. La BCE dispose encore de 1.000 milliards d’euros dans le cadre du PEPP. Cela lui permet d’absorber facilement le volume net de dette d’Etat à émettre cette année , en lui laissant largement de quoi réagir rapidement en cas de risque de dégradation des conditions de financement. L’impact très limité de la crise politique en Italie, ces derniers jours, sur les taux de sa dette souveraine semble prouver son efficacité.

Test de communication

Faute d’annonce, l’enjeu de la conférence de presse, qui se tiendra à partir de 14 h 30, sera de répondre aux interrogations des marchés. « La réunion de ce jeudi sera à nouveau un test de communication pour Christine Lagarde », souligne Carsten Brzeski, chez ING. Parmi les sujets chauds sur lesquels la présidente de la BCE devrait être interrogée, figurent les effets des nouvelles mesures de confinements sur l’économie européenne et la lenteur des vaccinations.

Si les nouvelles projections de la BCE ne seront communiquées qu’en mars, la Française devrait pointer un risque de dégradation. Jusqu’à présent, elle s’en est tenue aux prévisions de décembre – une hausse de 4,9 % de l’économie en zone euro – à condition que les restrictions dues à la pandémie ne dépassent pas le premier trimestre. Pour rassurer, peut-être reviendra-t-elle sur ses déclarations de décembre indiquant que l’enveloppe du PEPP ne serait peut-être pas utilisée en entier . Surtout si l’instabilité politique en Italie vient ajouter au climat d’incertitudes en zone euro.

Euro fort

Autre question préoccupante, celle de la robustesse de la devise européenne. A 1,21 dollar pour un euro, la monnaie unique continue à évoluer près de ses plus hauts historiques. Ce qui complique la tâche de la BCE, notamment pour faire repartir l’inflation. L’institut monétaire a déjà laissé entendre qu’il était prêt, par exemple, à baisser ses taux directeurs pour contrer une appréciation de l’euro. Sans complètement convaincre. « Le taux de change n’a pas encore atteint le seuil de douleur de la BCE, mais il est également vrai que la banque centrale ne dispose pas vraiment d’un outil efficace qu’elle puisse déployer pour endiguer une appréciation injustifiée de l’euro », affirme Unicredit.



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