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Finance

La Banque de France plaide pour plus de mariages entre banques



Et si le moment était enfin venu ? En pleine crise du coronavirus , la Banque de France a plaidé avec force, jeudi, pour des fusions transfrontalières entre banques européennes. « Nous en souhaitons davantage », a indiqué le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, lors de la présentation du rapport annuel de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), le superviseur français de la finance, soulignant la faible concentration du secteur, par comparaison aux Etats-Unis.

Outre Atlantique, les cinq premières banques contrôlent 40 % du marché bancaire, contre 20 % pour les principales banques de la zone euro, souligne le gouverneur. « Pour des raisons industrielles, il est souhaitable que ce mouvement [de concentration] puisse reprendre », poursuit le responsable affirmant « plaider activement », en ce sens.

Les obstacles demeurent

Un tel mouvement pourrait, sur le papier, constituer une réponse au manque récurrent de rentabilité des banques du Vieux continent. En moyenne, a indiqué l’ACPR, la rentabilité des fonds propres (RoE) – mesure clé de la performance du secteur – est de 5,6 % dans la zone euro pour 2019, alors qu’elle est supérieure à 11 % outre-Atlantique. Mais, il existe des écarts entre Etats européens, désignant – a priori – les établissements les moins performants comme des cibles en cas d’acquisition.

L’Allemagne et l’Italie présentent ainsi respectivement un RoE de -0,2 % et de 5,2 %. L’Espagne et les Pays-Bas montent à 7 %. La France se situe au milieu à 6,5 %, avec un marché domestique déjà très concentré. Ce serait ainsi chez ses voisins, qu’un groupe bancaire français pourrait espérer grandir, suggère implicitement le superviseur français.

En privé, le secteur exclut pourtant encore et toujours cette hypothèse, la crise du Covid-19 mobilisant leur énergie . C’est pourtant lors de la crise financière, en 2009, que BNP Paribas avait mis la main sur les activités belges et luxembourgeoises de Fortis, l’une des rares opération de concentration alors intervenue en Europe.

« La situation est très différente, fait valoir un bon observateur. A l’époque, il y avait un acquéreur qui allait bien, et une cible, qui avait besoin de s’adosser. Aujourd’hui, tout le monde est touché de la même façon, et les mécanismes de protection décidés par les autorités protègent toutes les banques de la même façon ».

« Dégager suffisamment de revenus »

Par ailleurs, les obstacles réglementaires demeurent, chaque pays maintenant des prérogatives locales, ce qui limite les synergies. Sans compter les résistances politiques, qui risquent de s’intensifier avec la crise. Les difficultés à rapprocher les systèmes informatiques sont aussi un obstacle majeur.

Reste que, concentration ou pas, la question de la rentabilité reste entière. « L’image collective que nous avons encore des banques doit évoluer : le secteur bancaire européen n’a pas, comparé notamment aux banques américaines, une rentabilité excessive ni à toute épreuve », a pointé François Villeroy de Galhau. « Pour assurer durablement leurs services essentiels à l’économie, les banques françaises doivent dégager suffisamment de revenus sans être soumises, de divers bords, à toujours davantage de contraintes ».



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