Image default
Finance

La Banque de France se veut le fer de lance européen de la lutte pour le climat dans la finance



Avec ses stress-tests climatiques , présentés jeudi, la Banque de France cherche à s’imposer comme le fer de lance de la lutte contre le réchauffement climatique dans le petit monde des régulateurs financiers, à quelque mois de la COP 26 qui promet d’être déterminante.

« Cet exercice est une première mondiale », s’est félicitée l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), qui assure la supervision des établissements financiers au sein de l’institution. Cela « illustre la mobilisation de la Banque de France ».

L’engagement n’est pas nouveau : la BdF a été à l’initiative de la création en 2017 du réseau des banques centrales et des superviseurs pour le verdissement du système financier (NGFS) dont elle est en charge du secrétariat, basé à Paris.

Elle s’est également imposé une politique exigeante pour ses portefeuilles d’investissement.

Pour son gouverneur François Villeroy de Galhau, cet effort ne se fait pas au titre « d’une simple conviction militante » mais bien au nom même du « mandat actuel » de la Banque de France « pour assurer la bonne mise en oeuvre de la politique monétaire ».

Tout le défi pour l’institution, dont les jeunes recrues se retrouvent dans cet engagement, est de conserver son avance.

Enjeux économiques

L’enjeu est réputationnel. La lutte contre le réchauffement climatique devient de jour en jour l’un des principaux sujets de préoccupation des opinions publiques, mais également des Etats. Le virage à 180° de Joe Biden par rapport à son prédécesseur et l’ampleur de celui-ci en témoigne. Mais l’enjeu est également économique.

« Le stress test climatique de la BCE prévu l’année prochaine va permettre de franchir une étape significative mais l’on espère que cela se fera sur le modèle de celui de l’ACPR et de la BdF plutôt qu’un autre », confie le directeur RSE d’une grande banque française. Si tel était le cas, étant déjà rompu à l’exercice, les établissements français disposeraient d’un avantage significatif par rapport à leurs concurrents.

La méthode de ce stress test européen prévu pour 2022 n’a pas encore été arrêtée. L’Autorité bancaire européenne doit faire des propositions d’ici à la fin du premier semestre portant sur l’inclusion des risques liés au changement climatique. L’expérience de la Banque de France pourrait être utile.

Bien que ne faisant plus partie de l’Union européenne, la Banque d’Angleterre est également influente en matière de climat et entend également faire partie des prescripteurs. L’un de ses anciens gouverneurs, Mark Carney, joue déjà un rôle de premier ordre dans l’organisation de la COP 26, en novembre prochain. Et avec le réveil récent des Américains, « il faut s’attendre à une COP quasiment aussi déterminante qu’en 2015 », veut croire un spécialiste des questions de finance climatique.



Source link

Autres articles

La finance européenne veut préparer l’après-crise

administrateur

Complémentaires santé : les associations dénoncent le manque de clarté des contrats

administrateur

BNP Paribas lourdement pénalisé par le coronavirus au premier trimestre

administrateur

Société Générale externalise l’informatique de sa banque privée à l’international

administrateur

Les interrogations montent sur la poursuite des achats d’actifs aux Etats-Unis

administrateur

Le fonds Silver Lake met la main sur Meilleurtaux

administrateur