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Finance

La BCE a absorbé presque entièrement le surplus de dette d’Etat lié au Covid



Publié le 8 sept. 2020 à 13:54Mis à jour le 8 sept. 2020 à 14:05

Un véritable déluge de dette. Au fur et à mesure que les conséquences économiques de la crise sanitaire se dessinaient, les Etats de la zone euro ont revu à la hausse leurs programmes d’émissions d’obligations. Notamment la France , qui a fait passer son objectif de levée de dette à moyen et long terme à 210 puis 245 et enfin 260 milliards d’euros .

Au niveau des dix plus gros emprunteurs de la zone euro, ce sont 610 milliards d’euros de dette supplémentaire, à court et moyen long terme, qui ont été émis depuis le début de l’année par rapport à la même période de 2019, selon les calculs de Deutsche Bank. Un montant colossal qui aurait pu effrayer les investisseurs, ou, au moins créer un phénomène de saturation. Et pour cause. Les émissions de dette souveraine des Pays-Bas (toutes maturités confondues), par exemple, ont atteint 224 % de leur montant de l’an dernier. Pour l’Allemagne, les chiffres montent à 213 %, contre seulement 129 % pour la France.

Réaction de la BCE

C’était sans compter sur la réaction de la Banque centrale européenne. L’institution de Francfort a dégainé un programme d’achat urgence pandémie (PEPP) de 1.350 milliards d’euros en plus de son programme classique (PSPP). « Les achats de dette publique par la BCE aux travers du PEPP et du PSPP sont estimés à 584 milliards d’euros depuis le début de l’année, ce qui signifie qu’elle a absorbé 95 % du surplus d’émission », écrit Ioannis Sokos, stratégiste chez Deutsche Bank.

Tous les pays de la zone euro n’ont toutefois pas bénéficié de l’action de la BCE dans les mêmes proportions . Ainsi, la banque centrale a acheté un montant correspondant à 153 % du surplus d’émissions souveraines de la Belgique, à 129 % de celui de l’Italie et à 116 % de celui de la France. En revanche, elle n’a absorbé que 80 % des obligations supplémentaires émises par l’Allemagne et 37 % de celles des Pays-Bas.

Moins de dette pour les investisseurs

Cette différence s’explique par le fait que l’Allemagne ou les Pays-Bas, par exemple, font partie de ceux qui ont le plus augmenté (en relatif) leur programme d’émission. Mais aussi par le fait que la BCE a choisi de dévier de la clé de capital, dans le cadre du PEEP. Celle-ci fixe l’enveloppe que la BCE consacre à la dette de chaque pays en fonction du poids de celui-ci dans le capital de la banque centrale.

« En conséquence, pour les Etats qui affichent un ratio supérieur à 100 %, les investisseurs ont dû absorber depuis le début de l’année un montant global de dette inférieur à celui de 2019 sur la même période », explique Ioannis Sokos. De quoi réduire considérablement la pression sur les taux d’emprunt.

Il est difficile d’établir avec précision quels seront les montants émis d’ici à la fin de l’année. Tous les Etats ne communiquent pas de façon exacte la taille de leur programme d’émission. Deutsche Bank estime que les émissions de dette souveraine européenne pourraient encore représenter entre 380 et 400 milliards d’euros. Il en est de même pour l’action de la BCE. Si le PSPP affiche un montant mensuel d’achats, le PEPP est très flexible. Les montants acquis ont d’ailleurs ralenti pendant l’été. Mais la banque centrale pourrait absorber encore 300 à 350 milliards d’euros. Soit 80 % des montants encore à émettre.



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