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Economie

La BCE garde son cap monétaire face aux incertitudes de la pandémie


L’institution va poursuivre son programme de rachat massif de dettes et maintenir les taux d’intérêt au plus bas.

La Banque centrale européenne (BCE) a, comme attendu, confirmé jeudi ses mesures de soutien monétaire à l’économie alors que tarde le rebond espéré de l’activité, ce qui devrait reporter le débat sur la durée des achats massifs de dette. À l’issue d’une réunion du Conseil des gouverneurs, les gardiens de l’euro ont opté pour le statu quo sur leur panoplie d’outils anti-crise. La principale arme de la BCE, le programme d’achat d’urgence face à la pandémie (PEPP) lancé il y a un an pour maintenir des conditions de financement favorables, doit toujours porter sur 1.850 milliards d’euros à dépenser d’ici mars 2022.

Les taux d’intérêt ont été maintenus à leur plus bas historique. Une partie des liquidités déposées auprès de la BCE au lieu d’être distribuées via des crédits vont rester taxées à -0,5%, comme depuis septembre 2019. Le taux directeur servant au refinancement des banques à court terme a lui été maintenu à zéro, niveau auquel il campe depuis 2016. Décidée en mars en réponse aux tensions sur les taux obligataires, l’augmentation «significative» du rythme des rachats de dette publique et privée est appelée à se poursuivre.

«Le Conseil des gouverneurs prévoit que les achats au titre du PEPP se poursuivront durant le trimestre en cours à un rythme nettement plus élevé que pendant les premiers mois de l’année», affirme le communiqué. Cette intervention avait contribué à la détente sur le marché obligataire après la fébrilité suscitée en début d’année par les craintes d’une surchauffe de l’économie américaine. Depuis mars, le montant hebdomadaire des achats nets d’actifs dans le cadre du PEPP a été d’environ 17 milliards d’euros en moyenne, contre 12 milliards en janvier et février.

Rythme des achats

Toute l’attention porte désormais sur «les indications que la BCE pourrait fournir quant à la durée des achats massifs» de titres, souligne Eric Dor, directeur des études économiques à l’Ieseg School of Management. Les analystes s’attendent à un freinage dans le courant de l’année.

Dans quelle mesure? Les investisseurs vont guetter d’éventuels indices de la présidente de la BCE Christine Lagarde, lors de sa conférence de presse, à partir de 14H30 (12H30 GMT). «Le silence est d’or», note toutefois Carsten Brzeski, de la banque ING, qui juge peu probable que Christine Lagarde dévoile son jeu. Il s’attend à ce que la grande argentière reporte les sujets sensibles à la prochaine réunion de juin.

La BCE mène une politique très expansive destinée à soutenir les crédits aux ménages et aux entreprises. Mme Lagarde avait assuré fin mars qu’il se passerait «un certain temps» avant que l’institution resserre sa politique monétaire.

Troisième vague

La BCE avait également balayé, lors de sa précédente réunion, les risques d’un dérapage des prix, jugeant que le rebond de l’inflation en zone euro était lié à des facteurs temporaires.

La hausse des prix s’est accélérée depuis janvier pour atteindre 1,3% en mars, notamment en raison de la reprise sur le marché de l’énergie. La BCE s’attend à ce qu’un niveau d’inflation proche de 2%, son principal objectif, reste pour un moment encore hors d’atteinte. Des prix plus élevés de manière durable forcent d’ordinaire les banques centrales à resserrer la vis sur le plan monétaire. Le contexte économique reste par ailleurs fragile, permettant à l’institution de Francfort de maintenir sa politique accommodante.

La troisième vague de Covid freine la reprise et les contraintes sanitaires ne s’assouplissent que lentement, en attendant l’effet des campagnes de vaccination. L’Allemagne s’apprête même à renforcer ses restrictions. Sans surprise, Christine Lagarde devrait réitérer jeudi son appel à la mise en œuvre rapide du plan de relance européen, jugé primordial pour la reprise. Les 27 États membres sont engagés dans une laborieuse phase de ratification.

À cet égard, la Cour constitutionnelle allemande a levé mercredi une incertitude de taille en rejetant un recours en référé qui visait à bloquer ce processus et notamment son mécanisme inédit et controversé de dette commune.



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