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Finance

La BCE lance officiellement les travaux sur l’euro numérique



Publié le 14 juil. 2021 à 17:38Mis à jour le 14 juil. 2021 à 18:06

Acheter une baguette de pain, ou transférer instantanément et sans frais de l’argent pour réserver un hôtel à Rome avec un portefeuille électronique composé d’euros numériques fournis par la Banque centrale européenne ? Ce sera peut-être possible dès 2025.

La BCE vient de franchir un grand pas vers la création d’un euro numérique, ce mercredi, en donnant le feu vert à une phase d’investigation de deux ans. « Notre travail vise à garantir qu’à l’ère du numérique, les citoyens et les entreprises continuent d’avoir accès à la forme de monnaie la plus sûre, la monnaie de banque centrale », a souligné Christine Lagarde, présidente de la BCE.

Il s’agit de ne pas laisser le champ entièrement libre aux initiatives privées, alors que l’utilisation du cash a diminué en Europe au profit du paiement électronique. Même en Allemagne, ou l’attachement aux pièces et billets est encore très fort. Facebook a confirmé, en mai dernier , le lancement du « diem », une devise électronique adossée sur le dollar. Les banques centrales voient d’un très mauvais oeil cette irruption de grands groupes privés dans le domaine très régalien de l’émission de monnaie. L’objectif est également de fournir la possibilité de réaliser des paiements numériques à des populations peu familiarisées avec les technologies.

Complément du cash

Pour la BCE, cette nouvelle étape va permettre de définir les contours de l’euro numérique et de la façon dont il pourra être utilisé. La décision définitive sur le lancement effectif de cet e-euro « n’interviendra que plus tard » avertit la BCE qui prévient également « qu’en tout état de cause, un euro numérique viendrait compléter l’argent liquide, et non le remplacer ».

L’une des premières questions qui devra être tranchée concerne la confidentialité des transactions qui seront réalisées en monnaie numérique. « Nous pouvons garantir le respect de la vie privée des utilisateurs de l’euro numérique, car contrairement aux acteurs privés, nous n’avons aucun intérêt à exploiter leurs données à des fins commerciales », a déclaré Fabio Panetta, membre du directoire de la BCE.

Rôle des banques

En revanche, contrairement aux paiements en liquide, qui ne laissent aucune trace, la transaction électronique devra être enregistrée d’une façon ou d’une autre. Une possibilité de payer « hors ligne » pour des petits montants, inférieurs à 100 euros par exemple, est toutefois envisagée. Il faudra trouver la ligne de crête entre le respect de la vie privée et la lutte légitime contre la fraude fiscale ou les financements illicites.

Autre défi, celui de la coopération avec les établissements bancaires. « L’objectif n’est pas d’engager une désintermédiation du rôle des banques », a martelé Fabio Panetta. L’organisation entre les différents acteurs du paiement reste à définir, mais il est déjà certain que le montant total d’euros numériques pouvant être détenu par un particulier sera limité. Au-delà d’un certain plafond – 3.000 euros par exemple – des taux d’intérêt négatifs pourraient s’appliquer.

Il reste aussi à déterminer la technologie qui sera utilisée : la blockchain comme pour les cryptos actifs, le système de paiements centralisé de la BCE (TIPS), ou une combinaison des deux. Des tests ont montré que les deux solutions fonctionnaient parfaitement. Et que l’euro numérique aurait une empreinte écologique faible, bien inférieure à celle de la plupart des cryptos actifs, comme le bitcoin, par exemple.

Initiative saluée

L’euro numérique pourrait être disponible dans cinq ans. Un délai qui paraît long au regard de la rapidité avec laquelle les technologies se développent. Mais il est nécessaire pour fournir une solution sûre à 100 %. En comparaison, la Chine a lancé son projet de e-yuan en 2014, et n’a commencé que cette année ses tests grandeur nature.

L’annonce de cette nouvelle étape a notamment été saluée par le gouverneur de la Banque de France, qui a confirmé que la banque centrale y prendrait une part active . Et par une déclaration conjointe des ministres français et allemand des Finances qui y voient une avancée « importante », aux implications « considérables » pour les citoyens européens.



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