Image default
Finance

La BCE s’apprête à déployer sa nouvelle stratégie sur fond d’incertitude



Publié le 19 juil. 2021 à 18:12Mis à jour le 19 juil. 2021 à 18:29

Ces dernières années, la réunion de juillet de la Banque centrale européenne était plus une formalité qu’autre chose. Une façon de marquer le début de la trêve estivale, en attendant la réunion de septembre, bien plus importante, avec notamment la publication de projections économiques mises à jour.

Mais le contexte est, cette fois-ci, tout à fait particulier. Non seulement la flambée des cas de contamination liée au variant Delta du Covid fait peser de nouvelles menaces sur la croissance, mais sur le plan de la politique monétaire, cette rencontre sera la première occasion pour la BCE de mettre en musique sa nouvelle stratégie. En particulier sur sa nouvelle cible d’inflation, désormais fixée à 2 % et qui peut supporter un dépassement temporaire, mais débarrassée de la complexe nuance « proche de, mais inférieure à 2 % », qui prévalait depuis 2003 .

Débats animés

L’exercice s’annonce périlleux. Car autant, par son sens du compromis, la présidente Christine Lagarde a obtenu l’indispensable assentiment de tous les membres du Conseil des gouverneurs sur le contenu de la revue stratégique, autant son application – qui ne nécessite qu’une majorité des votes – risque d’entraîner des débats animés. Notamment sur la communication qui accompagnera ce changement de stratégie et les outils nécessaires à l’atteinte du nouvel objectif. Il sera difficile d’obtenir l’unanimité sur l’exécution d’une telle stratégie, a d’ailleurs reconnu Christine Lagarde.

De l’avis général des économistes, le discours de la BCE devrait rester très accommodant. La prise en compte de l’inflation dans le pilotage des anticipations de marché pourrait ainsi passer désormais d’une approche fondée sur les perspectives à une approche fondée sur les résultats. « C’est-à-dire que les futures mesures de politique monétaire dépendront davantage des changements dans les données réelles de l’inflation que d’une mise à jour des prévisions, et elles s’accompagneront de la reconnaissance de la possibilité de laisser l’inflation dépasser les limites », explique Gilles Moëc, économiste en chef chez AXA IM.

Politique accommodante

Autrement dit, la BCE reconnaîtrait implicitement qu’en période de taux très bas comme actuellement, rester très accommodant face à une montée de l’inflation serait une erreur de politique monétaire moins grave (car plus facile à corriger ultérieurement) que de resserrer trop tôt son soutien à l’économie. Mais la question portant sur le niveau de dépassement de la cible d’inflation – et sa durée – reste ouverte. Les marchés aimeraient avoir une réponse jeudi. Il n’est pas sûr qu’ils l’obtiennent.

L’autre sujet au coeur de toutes les attentions concerne l’avenir des programmes d’achats d’actifs de la banque centrale. Récemment encore, le président de la Bundesbank, Jens Weidmann, avait appelé à réduire le rythme du PEPP, ce plan d’urgence de 1.850 milliards d’euros adopté pour faire face aux conséquences économiques de la pandémie.

Dans le contexte d’incertitude actuelle, le Conseil des gouverneurs devrait estimer qu’il est urgent d’attendre avant de se prononcer, ou même d’évoquer un quelconque changement. Le rythme actuel des achats devrait donc se poursuivre jusqu’à la réunion de septembre.

Faucons

En revanche l’opposition des « faucons » – les partisans de l’orthodoxie monétaire, principalement issus d’Europe du Nord – risque de rendre difficile une augmentation des achats hebdomadaires dans le cade du PEPP. Ou l’annonce d’une poursuite du programme après mars 2022, sa date limite actuelle. Face aux inquiétudes sur la reprise en Europe en cas de reconfinement, qui font dévisser les marchés , Christine Lagarde pourrait donner quelques indications sur un « instrument transitoire », qui succéderait au PEPP.



Source link

Autres articles

Un rapport au vitriol cible la politique européenne anti-blanchiment

administrateur

Métaux : l’aluminium victime de la crise du secteur automobile

administrateur

Délais de paiement : le comité de crise inquiet d’un retour des mauvaises pratiques

administrateur

Les banques suspendues à la décision de la BCE sur le gel des dividendes

administrateur

« Il est erroné de considérer que cette épargne dort » 

administrateur

Bourse : la Turquie sévit contre des banques étrangères

administrateur