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Finance

La Bourse de Milan pourrait être la cible d’une nouvelle bataille entre opérateurs



Publié le 31 juil. 2020 à 17h51Mis à jour le 31 juil. 2020 à 18h25

« Ne perdez pas votre temps à discuter de Borsa. Il n’y a rien à discuter. » En juin dernier, David Schwimmer, directeur général du London Stock Exchange Group (LSEG) s’était montré catégorique. Pas question de sacrifier la Bourse de Milan , dans le giron de la Bourse de Londres depuis 2007, sur l’autel de son mariage à 27 milliards de dollars avec le spécialiste des données financières Refinitiv. Dénégation sincère ou manoeuvre stratégique ? Toujours est-il que le groupe britannique vient de changer d’avis.

LSEG a annoncé, en marge de la présentation de ses résultats semestriels, qu’il réfléchissait à une mise en vente de ses activités italiennes « dans le contexte de l’examen par la Commission européenne » de la fusion avec Refinitiv. Bruxelles a en effet décidé le mois dernier d’ouvrir une enquête approfondie sur les enjeux en matière de concurrence de la création de ce géant des données de marché .

Concurrence

Pour le LSEG, la cession de MTS – la Bourse électronique italienne dédiée aux échanges d’obligations – voire de l’ensemble du groupe Borsa Italiana pourrait être vue comme un signe de bonne volonté. Car de son côté, Refinitiv possède une autre grande plateforme obligataire, Tradeweb . Leur union pourrait créer un acteur un peu trop dominant sur le marché. Et le souvenir du blocage de la méga fusion entre les Bourses de Londres et de Francfort est encore bien présent dans les esprits. De plus, le groupe anglais a tout intérêt à finaliser son opération avant que le Brexit ne devienne effectif. Dans le cas contraire, il devra déposer une demande d’approbation supplémentaire devant les autorités britanniques.

Le dossier pourrait donc évoluer rapidement. Et provoquer une nouvelle bataille d’offres en Europe après le duel épique entre Euronext et le Nasdaq sur la Bourse d’Oslo , ou le feuilleton à rebondissements autour de celle de Madrid . Selon des sources proches du dossier, le groupe italien serait valorisé entre 3 et 3,5 milliards d’euros. Stéphane Boujnah, le PDG d’Euronext, a fait connaître depuis plusieurs mois l’intérêt de l’opérateur paneuropéen pour Borsa Italiana.

Soutien politique

L’intégration de la Bourse de Milan à un ensemble comprenant déjà celles de Paris, d’Amsterdam, de Bruxelles, de Lisbonne, de Dublin et d’Oslo ferait sens pour Euronext. Le groupe se voit comme le grand fédérateur des marchés du Vieux Continent. Cette solution aurait également l’aval d’une partie de la classe politique transalpine , même si le Mouvement 5 Etoiles essaie de mettre sur pied une solution de reprise 100 % italienne, avec des banques privées et l’équivalent de la Caisse des Dépôts.

D’autres candidats devraient se déclarer. Deutsche Bank dispose d’une enveloppe de 2 milliards d’euros en cash pour procéder à des acquisitions. SIX, l’opérateur des Bourses suisses pourrait souhaiter étendre sa présence au sein de l’Union européenne après avoir mis la main sur la Bourse de Madrid. La plateforme MTS pourrait aussi susciter l’appétit de grands acteurs américains.

Opération incertaine

Reste que LSEG ne se défera pas de gaieté de coeur de sa filiale italienne. Celle-ci lui permettrait de conserver une implantation solide l’Union européenne après le Brexit. « Il n’y a aucune certitude que nous déciderons de procéder à une transaction » sur MTS ou Borsa Italiana, a précisé le groupe.



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