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Finance

La Bourse japonaise s’adapte à la mise en retrait de la BoJ



La Bourse japonaise réapprend à vivre sans le soutien constant de sa banque centrale. En mai, la Banque du Japon n’a acheté aucun fonds indiciel coté (ETF) sur le marché local. Une petite révolution pour l’Archipel. La BoJ avait acquis des actions japonaises chaque mois depuis 2013 et l’arrivée de Haruhiko Kuroda à la tête de l’institution.

Loin de susciter la panique, le retrait de cette béquille monétaire est bien vécu par les investisseurs. Le Topix, l’indice le plus large de la Bourse japonaise, a grimpé de 1,3 % le mois dernier et se rapproche à nouveau de ses plus hauts niveaux en plus de trente ans.

Premier actionnaire du Japon

Il faut dire que l’incursion de la BoJ sur les marchés actions reste exceptionnelle. Il s’agit encore de la seule banque centrale au monde à s’y être risquée au titre de sa politique monétaire.

Après huit années d’acquisitions mensuelles conséquentes, la BoJ était devenue le premier actionnaire du pays en décembre dernier, devant le fonds de pension public. Elle possède au total plus de 400 milliards de dollars d’actions japonaises.

Les interventions de la BoJ ont poussé l’efficience de marché à ses limites

Joël Le SauxGérant chez Eurizon

« Les interventions de la BoJ ont poussé l’efficience de marché à ses limites », estime Joël Le Saux, gérant du fonds Oyster Japan chez Eurizon. « Les cours de Bourse sont censés refléter les fondamentaux des sociétés et non pas être soutenus par l’intervention d’une institution publique », explique-t-il.

Frein à l’amélioration de la gouvernance

Certains espèrent, par ailleurs, que le retrait de la BoJ poussera les entreprises japonaises à montrer patte blanche en matière de gouvernance , faute de pouvoir compter sur le soutien de leur Banque centrale.

« La banque centrale n’est pas un actionnaire qui se concentre sur les codes de gouvernance et de gestion – et plus ses avoirs augmentent, plus les effets secondaires sont importants », a jugé Hiroshi Matsumoto de Pictet Asset Management auprès de l’agence Bloomberg.

Revue de sa politique monétaire

La BoJ avait, par ailleurs, préparé les investisseurs en amont. A l’issue d’une revue de sa politique monétaire conclue en mars dernier, elle avait déjà renoncé à acheter des ETF sur le Nikkei, l’indice le plus iconique du Japon, au profit du Topix, plus représentatif du marché dans son ensemble.

Elle avait également renoncé à tout quota annuel pour ses achats d’ETF, tout en se réservant la possibilité d’intervenir sur le marché en cas de tensions.

« Acheteur en dernier ressort »

« Notre revue a montré que des acquisitions à grande échelle d’ETF sont efficaces lorsque le marché devient très volatil », a déclaré le gouverneur de la Banque du Japon lors d’un entretien avec Bloomberg. « Nous en achèterons en fonction des besoins tout en surveillant de près le marché », a-t-il ajouté.

Les investisseurs savent qu’ils peuvent toujours compter sur la banque centrale. Le retrait de la Banque du Japon des marchés actions n’équivaut pas à un changement de cap de sa politique monétaire, toujours très accommodante.

La BoJ joue le rôle d’acheteur en dernier ressort

Joël Le SauxGérant chez Eurizon

« La BoJ joue le rôle d’acheteur en dernier ressort », explique Joël Le Saux. « Par ses interventions, elle amortit les mouvements baissiers améliorant ainsi le couple rendement-risque de ce marché », ajoute-t-il.



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