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Economie

la CGT juge l’accord «mal engagé»


Les négociations entre syndicats et patronat battent leur plein ce mercredi afin de trouver un accord encadrant le télétravail. Ce troisième rendez-vous interprofessionnel voulu par Jean Castex est censé aboutir à une décision commune mais qui, à ce stade des discussions, ne satisfait pas la CGT.

«Pour la CGT, ça paraît mal engagé», a jugé Philippe Martinez, invité de RTL ce lundi. «De ce que j’ai compris, le patronat refuse toujours un accord normatif, c’est-à-dire, qui donne des règles pour tout le monde. Cet accord ne sera pas contraignant», a-t-il expliqué, y voyant «un guide dans lequel on pourra piocher des solutions». Le chef de la CGT regrette que les organisations patronales refusent «de fixer des règles communes pour l’ensemble des salariés», notamment concernant les frais professionnels, le matériel mis à disposition des salariés en télétravail, le temps de travail ou encore le droit à la déconnexion. «Ce que refuse le patronat, et notamment le Medef, c’est d’avoir des contraintes. Or, dans un accord, il faut que les salariés trouvent des garanties», a-t-il résumé. Et d’ajouter : «Si on a un accord qui est un guide des bonnes pratiques que l’on pourra utiliser, ou pas, ou en partie, ce n’est pas admissible». Il ne s’est toutefois pas prononcé sur la décision de la CGT de signer, ou non, l’accord qui sera proposé à l’issue de ce troisième round de négociations.

Philippe Martinez doit rencontrer, ce lundi soir, le premier ministre en visioconférence afin d’exposer les revendications de la CGT concernant le télétravail. Le syndicat entend insister sur la nécessité d’établir des «règles claires, nettes et précises», appelant à «faire confiance aux citoyens». Par ailleurs, la CGT demande à ce que «le chômage partiel soit payé à 100%» et qu’en perspective de la réouverture des stations de sports d’hiver, «les saisonniers soient engagés pour anticiper le retour sur les pistes». Mi-novembre, la ministre du Travail Élisabeth Borne avait, elle aussi, encouragé les stations de ski à embaucher des saisonniers, quitte à les mettre au chômage partiel faute d’activité.

Il faut «penser un peu plus aux salariés»

Interrogé sur l’ouverture des commerces tous les dimanches du mois de décembre, une piste à laquelle réfléchit Bercy, Philippe Martinez a rappelé la nécessité de «respecter le droit du travail». «Il faut équilibrer les demandes et penser un peu plus aux salariés», a-t-il conclu.

Enfin, le leader de la CGT a dénoncé la suppression de 1500 à 2000 postes dans les sièges mondiaux et locaux de Danone. Le groupe a expliqué ce lundi au Figaro devoir réduire de 20% les coûts de structures (frais généraux, administration…) et économiser 700 millions d’euros d’ici 2023. Il s’agit du plus grand plan de réduction d’effectifs de l’histoire de Danone. «La crise sanitaire a bon dos. Les entreprises comme Danone qui ont arrosé pendant des années leurs actionnaires avec des milliards, considèrent aujourd’hui que leur niveau de rentabilité n’est pas assez important et donc font des licenciements», a réagi Philippe Martinez, selon qui ces entreprises profitent du contexte de crise économique pour procéder à des suppressions de postes.



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