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Economie

la chute du PIB au premier trimestre se confirme


La récession dans la zone euro se confirme. Ce vendredi, plusieurs instituts nationaux ont sorti leurs estimations de croissance au premier trimestre 2020. En parallèle, Eurostat a dévoilé une estimation du PIB et de l’emploi pour les trois premiers mois de l’année à travers l’Europe. Une chose est sûre : le constat général est pour le moins préoccupant.

Dans le détail, selon l’institut européen des statistiques, le PIB de l’Union a diminué de 3,3% par rapport au trimestre précédent et de 3,8% dans la zone euro. Ce recul, considérable, est «l’un des plus importants depuis le début des séries temporelles en 1995». Il succède à une croissance respective de 0,2% et 0,1% au quatrième trimestre 2019 dans ces deux zones géographiques. La dernière baisse aussi marquée du PIB avait eu lieu entre fin 2008 et début 2009, lors de la crise financière. À titre de comparaison, le PIB américain a reculé de 1,2% au trimestre précédent.

La France est en queue de peloton, connaissant un recul de 5,8% ce trimestre, plus marqué que celui de ses voisins. Ce vendredi, l’institut allemand Destatis a publié ses estimations de croissance pour le premier trimestre et a expliqué que l’épidémie frappait «durement l’économie allemande». Le pays connaît sa plus forte baisse depuis les années 2008-2009, et «la deuxième baisse en importance depuis l’unification allemande». Fortement dépendante de la conjoncture internationale et des exportations, l’Allemagne s’attend désormais à une chute de son PIB de l’ordre de 6,3%, la plus marquée depuis le début des séries statistiques, il y a cinquante ans.

Estimations de croissance en Europe, au premier trimestre 2020 Eurostat, Le Figaro

En parallèle, l’Office central des statistiques (CBS) néerlandais a rapporté une baisse du PIB national de 1,7% au premier trimestre, causée en grande partie par un recul de la consommation des ménages. Il s’agit, là encore, de la baisse la plus marquée depuis la crise de 2008. Dans un communiqué, le CBS a décrit un trimestre «mitigé», durant lequel l’économie a poursuivi sa croissance, mais «depuis la seconde moitié de mars, l’épidémie mondiale de coronavirus et les mesures connexes ont provoqué une baisse sans précédent de l’activité économique». Au Portugal, l’institut des statistiques (INE) a quant à lui décrit une baisse du PIB de 3,9% sur un trimestre, explicable par un recul des exportations, de l’activité touristique et de la consommation.

Il faut toutefois garder en tête que les confinements n’avaient fait que commencer, au premier trimestre. Les effets les plus massifs sont plutôt attendus au second trimestre, entre avril et juin. Ces estimations ne devraient donc être qu’un avant-goût de la crise à venir.

Des conséquences sur l’emploi et les échanges

En parallèle, Eurostat revient également sur les conséquences de ces difficultés économiques sur l’emploi. Dans l’ensemble, «le nombre de personnes ayant un emploi a diminué de 0,2% tant dans la zone euro que dans l’UE au premier trimestre 2020 par rapport au trimestre précédent», commente l’institution. Il s’agit du premier recul en sept ans. Dans les prochaines semaines, le taux de chômage au sein de l’Union devrait bondir : la Commission prévoit qu’il passe de 6,7% en 2019 à 9% en 2020, avant une baisse à 7,9% l’année suivante. Dans l’Hexagone, le taux passerait, en trois ans, de 8,5% à 10,1% puis 9,7%.

L’une des causes de ces troubles est détaillée dans une autre note d’Eurostat, publiée le même jour : en mars, confinement oblige, les exportations de la zone euro vers le reste du monde ont diminué de 6,2% par rapport au même mois un an plus tôt, s’établissant à 193,3 milliards d’euros. Les importations, quant à elles, ont diminué de 10,1%, pesant 165 milliards d’euros. Ces évolutions ont permis à la zone euro de présenter un bilan commercial largement excédentaire, de l’ordre de 28,2 milliards d’euros, en hausse de 5,5 milliards d’euros par rapport à mars 2019. Les échanges à l’intérieur de la zone sont eux aussi en recul, de 12,1%, s’élevant à 153,3 milliards d’euros.

Variation du commerce Eurostat, Le Figaro

À l’échelle de l’Union européenne, les variations sont plus marquées : les exportations extra-européennes ont baissé de 10,2% en mars 2020 par rapport au même mois un an plus tôt, quand les importations ont baissé de 12,2%. Au total, les Vingt-Sept présentent un excédent commercial de 22,2 milliards d’euros. Le commerce intra-européen n’a quant à lui baissé «que» de 7,9%. En 2020, l’Union a notamment réduit son déficit commercial vis-à-vis de la Chine, de la Russie et de la Norvège, tandis qu’elle a augmenté son excédent vis-à-vis des États-Unis.



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